France

Immobilier en France : un marché maussade et des taux en hausse

Les taux de crédit remontent vers 3,50% sur vingt ans, les acheteurs restent fébriles et les prix demeurent quasi stables. Après une timide reprise estivale, le marché résidentiel français patine toujours à la rentrée 2026, sans véritable dynamisme.

Malgré une activité un peu plus soutenue cet été, le marché immobilier français n'a pas tourné la page de ses difficultés. Les taux d'emprunt qui s'alourdissent et l'attentisme des ménages confirment que la crise, ou du moins la convalescence, se prolonge. Une tendance qui s'est intensifiée avec la guerre américaine contre l'Iran.

Taux en hausse, confiance fissurée

Après un printemps morose, les professionnels ont noté un regain d'activité en juillet et août. Yann Jéhanno, président de Laforêt, évoque une reprise depuis presque deux mois. Pourtant, cette embellie reste fragile. Les indices SeLoger-Meilleurs Agents-Les Echos de septembre montrent des prix quasi stables, masquant des ajustements selon les zones et la qualité des biens.

Surtout, le coût du crédit s'alourdit. En septembre, les barèmes bancaires affichent des hausses : un prêt sur vingt ans tourne autour de 3,50 % en moyenne et approche 4 % pour les offres les moins favorables, contre 3,20 % en mars. Les obligations d'État françaises à dix ans dépassent 4,1 %, tirées par les craintes inflationnistes et les tensions internationales.

La BCE, qui a déjà relevé ses taux en juin, pourrait récidiver. « La confiance s'est fissurée », constate Yann Jéhanno. Sur X, Medhi Asten, fondateur d'une société immobilière, explique : « Les gens ont acheté des biens immobiliers. Les prix ont globalement baissé. Ils veulent en tirer plus que ce qu'ils ont payé. Mais ces biens valent moins… Le marché immobilier français en 2026, en quelques mots ».

Les transactions sur douze mois glissants s'établissent autour de 941 000, en retrait par rapport au pic de début d'année. Les prêts ont chuté de 9,6 % au deuxième trimestre. Les banques restent prêteuses et multiplient les offres pour les primo-accédants, mais chaque hausse de 0,10 point grignote le pouvoir d'achat.

Même le marché locatif, véritable valeur refuge il y a encore peu de temps, est aujourd'hui en grande difficulté. Charles Marinakis, président de Century 21, estime même que ce marché est « en perdition ».

Certains professionnels estiment qu'une baisse des prix devient nécessaire pour fluidifier le marché, surtout si les taux continuent de grimper. Le marché locatif pourrait, lui, connaître un certain regain avec l'abandon d'une partie des dispositifs énergétiques dits « DPE ».