Dans les années 2000, le produit intérieur brut par habitant de la France, mesuré en standards de pouvoir d’achat, se situait environ à 15 % au-dessus de la moyenne de l’Union européenne. Depuis 2022, il évolue en dessous. En 2025, l’indice français atteint 98 (base 100 pour l’UE), soit un niveau comparable à celui de Chypre.
Un glissement progressif plutôt qu’un effondrement
« Nous n’avons plus les mêmes moyens qu’avant. […] Aujourd’hui, nous sommes passés en dessous de la moyenne. Cela signifie que nous sommes moins riches qu’avant », souligne Mathieu Plane, économiste à l’OFCE. Les chiffres d’Eurostat et de l’Insee confirment ce décrochage relatif : en 2025, le PIB par habitant français s’établit autour de 40 700 SPA, contre 41 600 pour la moyenne de l’UE à 27 et 43 300 pour la zone euro.
Laure Closier, journaliste économique sur BFM TV évoque des chiffres « mauvais » et « l’Espagne, l’Italie, la Grèce, Chypre sont meilleurs que la France » évoquant notamment les efforts faits par ces États en matière de déficit public là où la France continue de voir ses dépenses grimper.
Ce recul s’explique par une combinaison de facteurs : gains de productivité atones, désindustrialisation, faiblesse relative de l’éducation (recul dans les classements PISA) et dette publique élevée, qui limite les marges de manœuvre.
La France reste la deuxième économie de l’UE en volume, mais son avance s’est érodée face au rattrapage de certains pays d’Europe de l’Est et à la performance de voisins comme l’Allemagne ou les Pays-Bas. En janvier déjà, l’Insee, véritable référence française confirmait : « En 2024, le produit intérieur brut (PIB) par habitant de la France, exprimé en standards de pouvoir d'achat, est inférieur de 1 % à la moyenne de l’Union européenne à 27 pays ».
Des économistes parlent d’un « lent déclin » plutôt que d’un décrochage brutal. Le PIB par habitant ne mesure pas seul le niveau de vie : la consommation et les prestations sociales pèsent lourd en France, mais il reste un indicateur clef de la richesse produite.