France

Piratage du fisc : excuses de l’exécutif et troisième fuite qui ravive la polémique

Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a présenté ses «excuses» après le vol de données de centaines de milliers de contribuables. Une troisième brèche sur les successions, rapidement fermée, prolonge la série noire et accentue les critiques sur les faiblesses de Bercy.

Le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, a tenté, le 18 août, de reprendre la main sur une affaire qui embarrasse durablement l'exécutif. Lors d'une conférence de presse à Bercy, il a présenté les « excuses » du gouvernement pour le piratage massif de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) , qualifiant les faits d'« insupportables pour les Français ». Ces mots interviennent alors qu'une nouvelle faille vient d'être reconnue, prolongeant une séquence déjà lourde de conséquences.

 

Une troisième brèche et réactions des toujours vives

Après le vol des données fiscales de quelque 678 000 particuliers et professionnels, ainsi que la consultation des fichiers cadastraux, Amélie Verdier, directrice générale de la DGFiP, a confirmé une « troisième fuite » portant sur des informations liées aux successions vacantes. Cette brèche, repérée lundi et « rapidement coupée », serait d'une ampleur bien moindre et concernerait des données proches de celles des annonces légales publiques. « Elle n'est vraiment pas du tout de la même ampleur », a-elle insisté.

Le vice-président de l'Assemblée et député du Rassemblement national, Sébastien Chenu, a lui déploré que le ministre ne démissionne pas.

Les victimes reçoivent depuis le début de la semaine des courriels ou courriers individuels précisant les informations exposées et les précautions à prendre contre le phishing ou l'usurpation d'identité. L'inquiétude demeure forte : les syndicats rapportent de nombreux appels de contribuables se sentant « agressés ».

Sur X, les réactions ne désarment pas. La journaliste de CNews et Europe 1, Christine Kelly, a simplement noté, interloquée : « … Piratage du fisc : le ministre des Comptes publics David Amiel présente des excuses… ».

D'autres internautes dénoncent un « amateurisme permanent » ou réclament davantage que des mots. Le hacker « éthique » SaxX a exprimé le vœu que la colère du ministre « puisse diriger les actions de sécurisation des données des Français ».

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a convoqué une cellule de crise et demandé un audit à l'Anssi , tandis que l'opposition, notamment socialiste, pousse pour une commission d'enquête au Sénat. Les pirates ZeroBytes affirment avoir déjà vendu une partie des données, alors qu'ils ont revendiqué le vol de 346 millions de lignes de données à l'Éducation nationale le 18 août , jour de la conférence de presse du ministre Amiel… Bercy reconnaît des « faiblesses » et des « dettes techniques » accumulées, promettant un plan de sécurisation accéléré. Mais la confiance des contribuables, déjà ébranlée, tarde à se reconstruire.