France

Après son éloge de Mélenchon sur le climat, Monique Barbut plonge le gouvernement dans la polémique

La ministre de la Transition écologique est vivement critiquée après avoir loué les propositions climatiques de Jean-Luc Mélenchon. Invitation de Manuel Bompard aux universités d’été de LFI, appels à la démission et réaction du leader insoumis : retour sur une sortie qui embarrasse Matignon.

Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, se retrouve une nouvelle fois au centre des tensions au sein de l’exécutif. Dans un entretien à Libération, elle a affirmé que Jean-Luc Mélenchon « est celui qui intègre le plus la question du climat dans ses propositions économiques et sociales », tout en précisant qu’il n’était « pas [sa] tasse de thé ».

Ces propos, tenus alors que le gouvernement multiplie les déplacements sur les crises climatiques, ont immédiatement déclenché un tollé un peu plus d’un mois après son faux départ du gouvernement et trois semaine après son refus de se déplacer auprès des sinistrés des incendies, préférant se reposer dans sa villa climatisée.

 

Une invitation de LFI, un refus catégorique et des polémiques en pagaille

 

Le 18 août, Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a saisi l’occasion. Sur BFMTV-RMC, il a officiellement invité la ministre à venir débattre aux universités d’été du mouvement, à Châteauneuf-sur-Isère, pour confronter les propositions écologiques. « Ce serait bien pour le pays tout entier qu’on puisse débattre des mesures écologiques, du programme écologique de Jean-Luc Mélenchon et de ses propositions à elle », a-t-il lancé.

Monique Barbut a rapidement décliné sur LinkedIn. « Certains veulent me faire dire ce que je n’ai pas dit. Non, je n’ai pas encensé le programme de Jean-Luc Mélenchon, avec lequel j’ai de profonds désaccords. Et non, je n’irai pas à ses universités d’été », a-t-elle expliqué, insistant sur la distinction entre méthode et adhésion à un programme.

Les critiques n’ont pas tardé. Au gouvernement, une source fustige un « sabordage » : « Ce n’est même plus de l’amateurisme, c’est du sabordage du gouvernement Lecornu et même du président Macron ».

Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, a pris ses distances sur Franceinfo, refusant de partager ces propos. Des appels à la démission circulent, alors que Monique Barbut avait déjà présenté sa démission en juillet avant d’être maintenue par Emmanuel Macron.

Sur X, le maire Horizons Arnaud Péricard interrogeait déjà le Premier ministre sur la nécessité de « faire revenir à la raison » sa ministre.

Jean-Luc Mélenchon a quant à lui réagi avec une pointe de provocation. Sur X, il a écrit : « Merci madame Barbut pour votre réponse argumentée et respectueuse de vos interlocuteurs. Le désaccord est la raison d’être de la démocratie. [...] On aurait aimé dialoguer avec vous, non pour vous accabler, mais pour connaître votre analyse de notre projet d'éco-régions. Tant pis. Mais nous savons que nous nous retrouverons pour bien faire quand nous les mettrons en œuvre après notre victoire ».

Cette polémique s’inscrit dans un contexte déjà tendu pour la ministre, souvent jugée « encombrante » par ses collègues notamment depuis sa volte-face avec son faux départ du gouvernement. Matignon a tenté de calmer le jeu en soulignant que l’entretien avait été « relu et corrigé » et que seule la progression des dossiers importait. Pourtant, les propos de Monique Barbut continuent d’alimenter les débats, illustrant les fissures au sein de l’exécutif en pleine pré-campagne présidentielle alors que les partisans d’Edouard Philippe et de Gabriel Attal tentent de prendre leur distance avec l’exécutif macronien et Sébastien Lecornu.