À un mois et demi des élections sénatoriales, la bataille pour le renouvellement de 178 des 348 sièges du Sénat bat son plein. Le RN et LFI se placent en embuscade pour progresser, alors que le Parti socialiste et les écologistes apparaissent fragilisés par les derniers scrutins municipaux et les difficultés d'union à gauche.
Le scrutin du 27 septembre, qui se joue au suffrage universel indirect via les grands électeurs, constitue le dernier test électoral avant la présidentielle de 2027, hors hypothèse de dissolution anticipée d'Emmanuel Macron avant la fin de son deuxième quinquennat.
Si les grands équilibres devraient globalement être préservés, avec une majorité de droite et du centre maintenue, plusieurs formations jouent gros.
Le Rassemblement national, fort de sa progression aux municipales notamment sur l'arc méditerranéen, ambitionne d'atteindre le seuil des dix sénateurs pour constituer son tout premier groupe au Palais du Luxembourg. « Nous avons la possibilité de tripler, voire de quadrupler, notre nombre de sénateurs et de faire un groupe », affirme le député RN Franck Allisio. Le député et président de groupe en PACA espère profiter de la confusion entre macronistes et LR pour voir son parti progresser, alors qu'il ne dispose actuellement que de trois élus.
À gauche, La France insoumise, jusqu'ici absente du Sénat, se place en embuscade. Portée par ses conquêtes municipales en Île-de-France et dans la région lyonnaise, elle espère faire élire ses premiers parlementaires, notamment dans le Rhône. « Ça ne sera pas un raz-de-marée [...] Mais on peut quand même faire quelque chose », confie un élu LFI.
L'actualité a récemment rappelé les tensions : la tête de liste LFI en Gironde, Aminata Pouye, affirme avoir été victime d'une agression « raciste », mettant opportunément en lumière sa candidature à la Chambre haute.
Socialistes et écologistes jouent gros de leur côté. Pour le PS, il s'agit de conserver son statut de deuxième groupe (64 sièges actuellement), talonné par l'Union centriste. Les écologistes, avec 16 sénateurs dont plusieurs sortants, risquent de perdre des sièges et, dans le pire scénario, de passer sous le seuil des dix élus.
Malgré un accord national, les négociations de listes communes avec le PS et le PCF piétinent dans plusieurs départements, tandis que LFI ne fera pas de cadeau à ses anciens alliés qui ne l'ont jamais épargné, et particulièrement pas lors des dernières élections sénatoriales.
Les Républicains, qui défendent 77 sièges, pourraient aussi ressortir quelque peu affaiblis, notamment dans le Sud, mais devraient demeurer le premier groupe au Palais du Luxembourg.