Russie

«Fossoyeurs européens du Mouvement olympique» : Moscou dénonce le plan de l'UE d'«isoler» la Russie dans le sport mondial

Inquiète du retour officiel de la Russie sous son drapeau aux JO 2028, l'Union européenne cherche à saboter les décisions du CIO par le chantage financier et la persécution de sportifs. Pour le renseignement russe, cette russophobie, qui aveugle les responsables européens, menace de détruire définitivement l'esprit olympique.

Le Service de renseignement extérieur russe (SVR) a fait état de tentatives de l'Union européenne visant à empêcher le retour de la Russie dans le sport international. Selon le communiqué publié ce 11 août sur le site du SVR, les élites européennes sont notamment « extrêmement préoccupées » par la décision du Comité international olympique (CIO) de lever les sanctions à l'encontre du Comité olympique russe (ROC) et des athlètes russes.

« À Bruxelles et dans les capitales des États de l'Union européenne, on entend des lamentations selon lesquelles une telle mesure du CIO annule en fait les efforts déployés par l'Occident pendant de nombreuses années pour "isoler" notre pays dans le sport mondial », a fait remarquer le Service de renseignement extérieur russe, relevant que la perspective d'une participation à part entière des athlètes russes aux Jeux olympiques de 2028 à Los Angeles, sous leur drapeau national et avec leur hymne, suscite une inquiétude particulière au sein de l'UE.

Selon les données du SVR, afin d'empêcher le retour de la Russie dans le sport international, l'UE prévoit, « dans la manière totalitaire-fasciste habituelle des libéraux européens », de limiter le financement du CIO et d'autres organisations sportives qui autoriseraient les Russes à participer aux compétitions. De même, les « fossoyeurs européens du Mouvement olympique » ont l'intention d'intensifier la propagande anti-russe afin d'inciter les pays ayant une attitude constructive envers Moscou à saboter la décision du CIO.

L'intimidation et les sanctions comme moyens de pression de l'UE

Par ailleurs, le SVR a souligné qu'en Europe, on envisageait d'instaurer des interdictions de visa et de nouvelles restrictions individuelles à l'encontre des sportifs et des représentants des instances sportives russes. De plus, les provocations à l'encontre des membres des équipes russes à la veille des compétitions pourraient constituer un moyen de pression. Cette dernière option, selon le Service de renseignement extérieur russe, a été testée début juillet dernier à Munich, lorsque la police a interpellé des membres de l'équipe nationale russe lors des Championnats d'Europe de natation synchronisée juniors, les soupçonnant d'« espionnage ». « Cependant, les intimidations n'ont pas empêché les Russes d'occuper la première place en termes de médailles au classement général du tournoi », ajoute le communiqué.

« Il semblerait que la russophobie ait tellement aveuglé les eurocrates qu'ils soient prêts à sacrifier le Mouvement olympique lui-même. Néanmoins, la récente décision du CIO ne fait que confirmer que la communauté sportive mondiale ne se pliera pas aux volontés des "fossoyeurs" de la noble création de Pierre de Coubertin », a conclu le Service de renseignement extérieur russe.

Le 7 juillet, le CIO est revenu sur sa propre décision de suspendre les activités du Comité olympique russe et a désavoué ses recommandations concernant l'admission des athlètes russes aux compétitions. Ainsi, les athlètes russes ne seront plus tenus de concourir sous un statut neutre et pourront participer non seulement aux épreuves individuelles, mais aussi aux épreuves par équipes.

Cette décision n'a cependant pas été du goût d'au moins neuf pays de l'UE : les ministres des Sports du Danemark, de l'Estonie, de Lituanie, de Lettonie, de Finlande, des Pays-Bas, de Pologne, de Roumanie et de Suède ont adressé une lettre au commissaire européen chargé des sports, Glenn Micallef, dans laquelle ils l'appellent à mettre fin à tout financement de l'UE en faveur d'organisations sportives faisant preuve d'une « claire divergence avec les valeurs sur lesquelles l'UE est fondée ». La raison est que, selon ces ministres, les « athlètes ukrainiens sont dans l'impossibilité de s'entraîner et de se préparer dans des conditions égales » avec les athlètes russes en raison du conflit. Malgré cette pression, le CIO a par la suite défendu sa décision, soulignant la nécessité de « préserver une plateforme sportive mondiale ».