France

Manuel Bompard prend position sur l'affaire Adrien Quatennens et reçoit une volée de bois vert

Le député LFI Manuel Bompard a suscité une vague de réprobations après ses propos sur CNews, évoquant la polémique autour de la gifle d'Adrien Quatennens à l'encontre de sa femme. Pour certains, le cadre de LFI a minimisé l'acte de son collègue.

Propos «abjects» ou «honteux», «taisez-vous !» : plusieurs personnalités de gauche et du gouvernement ont vivement critiqué le 23 septembre les propos du député de La France insoumise (LFI) Manuel Bompard qui a notamment assuré qu'«une gifle n'est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours», en référence à l'affaire Adrien Quatennens.

«Je ne minimise pas les faits [...], j'essaie de faire la part des choses : une gifle n'est jamais acceptable mais une gifle n'est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours et une gifle n'est pas égale à une personne qui est accusée de viols après avoir drogué les personnes qui l'accusent», a déclaré sur CNews ce très proche de Jean-Luc Mélenchon, interrogé sur l'affaire Adrien Quatennens. 

«Il faut qu'on arrive sur ces sujets à avoir de la nuance, à avoir des principes qu'on doit respecter, et il faut prendre en compte les paroles de celles qui s'expriment sur ce type de sujet», a-t-il poursuivi.

Manuel Bompard publie un communiqué pour préciser ses propos

«Des propos abjects qui banalisent la violence. Des propos qui abîment le combat contre les violences faites aux femmes. Des propos qui vous discréditent totalement sur ce sujet», a réagi sur Twitter quelques heures plus tard la ministre déléguée à l'Egalité Femmes-Hommes, Isabelle Rome.

«Taisez-vous, maintenant ! Ça suffit !», a abondé Marlène Schiappa, qui a également tenu ce portefeuille avant celui de secrétaire d'Etat à l'Economie sociale et solidaire dans un tweet, jugeant que ces propos «font un tort considérable au combat pour la protection des femmes face aux violences».

«Mais c'est pas possible !», s'est également indignée la militante néoféministe et conseillère Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de Paris, Raphaëlle Remy-Leleu, sur le réseau social. 

«Ce que tu racontes avec les camarades insoumis depuis une semaine est insupportable. Ne parle plus des violences. Arrêtez au moins de nous faire souffrir. Trouvez le courage d’en parler avec une féministe et d'encaisser à la fois votre manque de connaissance du sujet, votre complaisance politique, ainsi que la douleur et la colère que vous générez», a-t-elle insisté.

Sur LCI, la députée EELV Sandrine Rousseau a en outre rappelé qu'«une gifle à sa conjointe est un délit». «C'est ça qu'il faut bouger parce que tous ces mots-là, ce sont des mots qui minimisent les actes», a-t-elle estimé. 

Le député du Rassemblement national (RN) Julien Odoul a évoqué un «naufrage», tandis que l'eurodéputé Gilbert Collard (Reconquête) estimait que «la hiérarchisation [des faits] est, en elle-même, insupportable». 

Face au tollé, Manuel Bompard s'est expliqué sur Twitter : «Je n'ai jamais dit, ni pensé, qu'une gifle n'était pas grave [...] Des associations féministes ont d'ailleurs mis en place un violentomètre qui propose une graduation des violences sexistes et sexuelles [...] La graduation ne sert non pas à minimiser les faits mais à adapter les réponses et les sanctions.»

Le député LFI du Nord Adrien Quatennens a reconnu le 18 septembre des violences conjugales contre sa femme, dont une gifle, et s'est mis en retrait de son poste de coordination du mouvement. Le parquet de Lille a ouvert une enquête à la suite du dépôt d'une main courante par Céline Quatennens.