Economie

Poutine et l’OMC appellent à réformer le cadre réglementaire du commerce international

Lors du sommet virtuel du G20, le président russe a livré un plaidoyer pour le multilatéralisme et la réforme de l’OMC. Le délégué de l’institution internationale a quant à lui appelé à rétablir le cadre de règlement des litiges du commerce mondial.

«Au sein du G20, nous devons continuer à rechercher des approches communes pour réformer l'Organisation mondiale du commerce conformément aux défis contemporains», a déclaré le dirigeant russe, cité par l’agence Tass, lors du sommet virtuel du G20, officiellement accueilli par l’Arabie saoudite, le 21 novembre.

«Sans un système commercial multilatéral stable et efficace fondé sur des normes et principes universels, cette tâche ne peut être résolue, et aujourd'hui il n'y a pas d'alternative à l'Organisation mondiale du commerce», a indiqué Vladimir Poutine. 

Le chef d’Etat russe a aussi fustigé le protectionnisme et appelé à «abandonner la pratique des sanctions unilatérales et [à] rétablir les chaînes d'approvisionnement». Il a rappelé que ces questions avaient aussi été débattues la veille lors du sommet du forum de coopération économique de la région Asie-Pacifique (Asia-Pacific Economic Cooperation- APEC).

Enfin, le président russe a aussi évoqué la question des GAFA et estimé qu’il fallait adapter les règles du «commerce universel multilatéral» aux réalités économiques du commerce en ligne.

La nécessité de réformer l’Organisation mondiale du commerce (OMC), tout en reconnaissant son rôle central, a également été soulignée par Alan Wolff, le délégué de l’organisation elle-même, qui participait également au sommet en tant qu’organisation internationale au même titre que la Banque mondiale, le Fonds monétaire international ou encore l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

«Restaurer les fonctions de délibération et de négociation»

Dans son discours adressé aux dirigeants du G20, Alan Wolff a estimé que les membres de l'OMC étaient confrontés à trois défis : utiliser le commerce pour soutenir la reprise économique après le ralentissement provoqué par la pandémie de Covid-19 ; faciliter le commerce des produits nécessaires pour traiter les effets de l’épidémie, et réformer les institutions qui régissent le commerce mondial.

Sans citer nommément l’actuelle administration des Etats-Unis, qui bloque depuis plus d’un an le fonctionnement de l’organisation en refusant de nommer ses juges, le délégué de l’OMC a exhorté les membres de l’organisation à «restaurer les fonctions de délibération et de négociation de l'OMC [et à] assurer un règlement contraignant des différends considéré comme légitime par tous».

Dans cette intention, il a pris date pour la prochaine réunion importante des membres de l’OMC : la 12e conférence ministérielle, qui devait se tenir en juin à Noursoultan, capitale récemment rebaptisée du Kazakhstan, mais a été repoussée d’un an pour cause de pandémie.