Russie

«Sanctions d’enfer» américaines : Medvedev appelle à la confiscation forcée des actifs étrangers en Russie

Donald Trump a promulgué la loi sur les «sanctions d'enfer», prévoyant des droits de douane records contre la Russie et ses partenaires énergétiques. Dmitri Medvedev a répliqué en exigeant la saisie définitive des groupes européens présents en Russie et en affirmant que l'Occident ne cède qu'à la dissuasion directe.

Le président américain Donald Trump a signé le projet de loi sur les « sanctions d’enfer », nommé d'après le sénateur défunt Lindsey Graham. Ce texte prévoit des mesures restrictives et des droits de douane à l'encontre de la Russie, ainsi que des principaux acheteurs de ses ressources énergétiques.

La veille, ce texte avait été approuvé à la majorité par la Chambre des représentants des États-Unis : 262 membres de la chambre basse du Congrès ont voté en sa faveur. 159 membres se sont prononcés contre et 12 se sont abstenus.

Ces nouvelles mesures comprennent notamment des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les marchandises provenant des pays figurant parmi les cinq plus grands importateurs de pétrole et de gaz russes, ainsi que des cinq États qui contribuent le plus activement à contourner les sanctions américaines contre les exportations pétrolières russes. Le taux maximal applicable aux marchandises provenant directement de Russie vers les États-Unis s’élève à 500 %.

Outre les droits de douane, le texte instaure des sanctions à l’encontre de hauts responsables russes, d’organismes publics, de banques, de grands entrepreneurs, d’entreprises et de navires de la flotte dite « fantôme », restreint les investissements et les opérations financières, et prévoit des mesures concernant les importations d’uranium russe.

« De l’autre côté de l’océan aussi, ils n’entendent que le langage de la dissuasion militaire directe », estime Medvedev

Les nouvelles sanctions américaines contre la Russie ne sont pas passées inaperçues. Le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, en a conclu que les États-Unis « n’entendent que le langage de la dissuasion militaire directe », « le seul langage qui convienne pour répondre à leurs infamies russophobes dans le genre de la loi du terroriste mort Graham ».

Il n’a pas non plus omis d’évoquer l’indignation de l’Europe face à la décision du président russe Vladimir Poutine de placer sous administration provisoire les actifs de plusieurs grandes entreprises étrangères, parmi lesquelles Nestlé, FM Logistic, Auchan et Lemana Pro. Selon Medvedev, pour répondre aux sanctions anti-russes, il faut « aller plus loin » en passant à la confiscation forcée des actifs étrangers. « Tout comme il y a cent ans, ces bâtards d’Européens ne comprennent que la force brute », a-t-il affirmé.

Le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a qualifié l’adoption du projet de loi par la Chambre des représentants de mesure « inamicale », soulignant que de nouvelles sanctions, si elles sont mises en place, compliqueront les efforts visant à un règlement pacifique du conflit en Ukraine.