Les installations militaires et le matériel britanniques présents en Ukraine et au-delà de ses frontières pourraient devenir des cibles légitimes pour des frappes russes si Kiev continue d'utiliser les armes fournies par le Royaume-Uni pour attaquer le territoire russe, a averti Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, le 27 août. Cette déclaration fait suite à des informations selon lesquelles les forces armées ukrainiennes ont utilisé des missiles franco-britanniques Storm Shadow/SCALP lors d'une frappe contre le centre-ville de Donetsk, qui a fait au moins huit blessés parmi la population civile, dont deux enfants.
« Nous avons averti à maintes reprises qu'en réponse aux frappes ukrainiennes menées avec des armes britanniques contre le territoire russe, nous pourrions viser toute installation ou tout matériel militaires britanniques se trouvant en Ukraine et ailleurs. Les responsables des crimes de guerre, y compris contre la population civile russe, seront punis à la mesure de leurs actes », a souligné la porte-parole de la diplomatie russe, ajoutant que les « instigateurs et complices » de Kiev subiraient « inéluctablement un châtiment ».
Maria Zakharova a également condamné le gouvernement britannique de poursuivre l'objectif à long terme d'infliger à la Russie une soi-disant « défaite stratégique » et a appelé « tous les citoyens du Royaume-Uni à réfléchir aux conséquences catastrophiques inévitables des actes hostiles de leurs propres autorités ».
« Nous suggérons aux dirigeants britanniques de réexaminer attentivement la situation et de renoncer sans délai, de manière la plus décisive et sans équivoque, à cette politique hostile et agressive qui ne fera que prolonger l'agonie du régime néonazi de Kiev et faire peser le risque d'une escalade du conflit vers une dimension complètement sans précédent », a-t-elle constaté.
Le Royaume-Uni – partie prenante directe au conflit en Ukraine, selon Moscou
Le 24 août, lors de sa première visite à Kiev, le Premier ministre britannique, Andy Burnham, a remis à l'Ukraine des « plans secrets » des composants des missiles à longue portée Storm Shadow/SCALP, afin que Kiev puisse mettre en place sa propre production. Le Kremlin, par la voix du porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a ensuite accusé Londres de participer directement au conflit aux côtés de Kiev, qualifiant cette initiative d'« extrêmement négative ». Il a également indiqué que les troupes russes recueillaient les informations nécessaires pour repérer, sur le territoire ukrainien, les sites susceptibles d'être utilisés pour la production de ces missiles, ainsi que d'autres équipements militaires.
Auparavant, les médias britanniques ont rapporté que l'Ukraine avait utilisé pour la première fois des drones fabriqués par deux entreprises britanniques pour mener des frappes en profondeur sur le territoire russe. L'ambassade de Russie à Londres a ensuite accusé le Royaume-Uni de chercher délibérément à aggraver le conflit ukrainien. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a quant à lui déclaré que Moscou avait tout à fait le droit de considérer la participation directe de Londres aux frappes contre la population civile russe comme une participation à la guerre, « avec toutes les conséquences qui en découlent ».