Dans un entretien accordé à la Compagnie publique russe de télévision et de radiodiffusion (VGTRK) le 13 août, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a accusé les représentants de Kiev de revendiquer publiquement des attaques contre des sites civils et de s'en féliciter sur les réseaux sociaux et d'autres plateformes. « Après chaque acte terroriste de ce type, les représentants du régime se vantent sur les réseaux sociaux et d'autres plateformes de la « bravoure » avec laquelle ils ont frappé la plage, le dortoir où vivaient les jeunes filles qui étudiaient pour devenir enseignantes et d'autres cibles purement civiles », a-t-il notamment fait savoir.
Le ministre a assuré que la Russie ne répondrait pas de la même manière, mais qu'elle rendrait ses propres méthodes beaucoup plus dures contre les moyens permettant à l'Occident de soutenir l'effort militaire de Kiev. Selon lui, Moscou agit déjà dans ce sens.
Le chef de la diplomatie russe a parallèlement écarté la possibilité d'un arrêt immédiat des combats. Il a estimé que ces appels se multipliaient précisément au moment où les conséquences de la stratégie russe commençaient à se faire sentir. « Ils commencent déjà à geindre. Ce n'est pas un hasard si de plus en plus de voix, venues de tous les horizons de notre territoire commun, appellent à un arrêt immédiat. Ça ne fonctionnera pas comme ça. Cela s'arrêtera quand il y aura un règlement à long terme, fiable et durable », a-t-il constaté.
Un gel des combats sur l'actuelle ligne de contact est également exclu par le ministre. À ses yeux, une telle décision reviendrait à effacer le sacrifice des générations qui ont vaincu le nazisme.
Pour conclure, Sergueï Lavrov a souligné que l'enjeu allait bien au-delà de la situation immédiate et des souffrances causées par les attaques terroristes de l'Ukraine. Il a estimé que la Russie devait agir en tenant compte de sa responsabilité envers l'ensemble de son histoire, longue de plus d'un millénaire, et envers les générations qui l'avaient précédée.
En mai, un bombardement massif des forces ukrainiennes avait visé un collège de Starobelsk, en République populaire de Lougansk. L'attaque, menée dans la nuit du 21 au 22 mai, avait fait 21 morts et 65 blessés. Plus récemment, le 3 août, le village d'Arkhipo-Ossipovka, dans le sud de la Russie, avait été frappé par une importante attaque de drones, parmi les plus meurtrières enregistrées dans la région de Krasnodar. Selon le bilan communiqué par les autorités russes, sept personnes, dont trois enfants, avaient été tuées et 58 autres blessées.