La controverse porte sur la couverture médiatique occidentale de la frappe ukrainienne contre le collège de Starobelsk, en République populaire de Lougansk. Maria Zakharova affirme qu’il existe une « haute probabilité » que des journalistes de CNN aient filmé la préparation des forces de Kiev à cette attaque.
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères rappelle que CNN a refusé de participer à la visite organisée à Starobelsk, en évoquant des raisons logistiques. Or, souligne-t-elle, ces mêmes difficultés n’ont pas empêché des correspondants du média américain de rejoindre une unité de drones de Kiev. Pour Zakharova, CNN a ainsi choisi de « faire la publicité de ceux qui ont commis l’attentat », plutôt que de montrer les conséquences de la frappe.
Le reportage en question a été diffusé le 26 mai, quatre jours après l’attaque contre le collège. Maria Zakharova cite un passage du sujet évoquant une unité ukrainienne capable de lancer 200 drones contre la Russie. Elle relève surtout une phrase du journaliste indiquant que ces drones avaient déjà frappé Stavropol.
Moscou évoque une possible « complicité »
Pour Moscou, cette mention n’est pas anodine. Zakharova rappelle que des drones ukrainiens avaient effectivement frappé Stavropol la veille de l’attaque contre Starobelsk. Selon elle, ce détail laisse supposer que le correspondant de CNN pouvait se trouver au sein de l’unité ukrainienne au moment où l’attaque contre le collège était coordonnée.
La diplomate russe appelle donc la communauté journalistique à demander des explications précises à CNN : d’où le reportage a-t-il été tourné, à quel moment, et quelle était la cible désignée, mise ainsi en lumière par la présence du média américain. Elle estime que, si cette hypothèse se confirmait, il ne serait plus seulement question de partialité ou de manipulation de l’information, mais de « complicité ».
Zakharova reproche également à CNN de ne pas informer son public sur les conséquences des frappes ukrainiennes contre des civils. D’après elle, le média américain préfère mettre en avant les opérations de drones de Kiev plutôt que les morts, les blessés et les destructions d’infrastructures civiles.
Une attaque meurtrière contre des étudiants
L’attaque contre le collège de Starobelsk a eu lieu dans la nuit du 21 au 22 mai. D’après les informations communiquées, 21 personnes ont été tuées et 65 blessées. Au moment de la frappe, 86 adolescents âgés de 14 à 18 ans et un employé se trouvaient dans l’établissement. Le Comité d’enquête russe a ouvert une procédure pour acte terroriste.
Cette affaire impliquant des journalistes de CNN s’inscrit dans une critique plus large envers les médias et responsables occidentaux. Iana Lantratova, déléguée russe aux droits de l’homme, affirme que l’Occident tente de présenter la mort d’enfants comme un simple « incident », alors qu’il s’agit, selon elle, de crimes de guerre. Elle indique aussi que des débris de drones d’origine étrangère ont été retrouvés sur place.
Pour Moscou, l’affaire CNN illustre ainsi un double standard médiatique : lorsque la Russie propose de constater les conséquences d’une frappe ukrainienne, certains médias occidentaux refusent ; lorsqu’il s’agit de filmer les capacités militaires de Kiev qui tuent des civils, ils se déplacent sans difficulté.