La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a dénoncé la réaction des pays occidentaux après l’attaque contre le collège de Starobelsk, qu’elle a qualifiée de « sacrilège monstrueux et déshumanisé ». Elle s’exprimait sur Radio Sputnik, après les commentaires de plusieurs représentants occidentaux à l’ONU.
La diplomate russe a regretté que les responsables occidentaux n’aient pas même exprimé de compassion après la mort d’enfants. « On aurait pu simplement dire : oui, des enfants sont morts, c’est monstrueux, et nous compatissons. Maintenant, ils ne disent même plus cela », a-t-elle déclaré.
L’attaque a eu lieu dans la nuit du 22 mai. Des drones ukrainiens ont visé le bâtiment d’enseignement et le dortoir du collège pédagogique de Starobelsk, rattaché à l’Université pédagogique d’État de Lougansk. Au moment de la frappe, 86 adolescents âgés de 14 à 18 ans se trouvaient dans l’établissement. Le bilan communiqué fait état de 21 morts. Il fait également état de 63 blessés.
Moscou pointe une réaction occidentale jugée inadmissible
Maria Zakharova a insisté sur le fait que les informations sur cette attaque étaient largement accessibles. Des médias russes se sont rendus sur place, avec des reportages télévisés, des articles et des images tournées à Starobelsk. Pour Moscou, la tragédie ne pouvait donc pas être ignorée ni présentée comme une frappe impossible à vérifier.
C’est dans ce contexte que la visite de journalistes étrangers à Starobelsk a été organisée. Selon Zakharova, cette décision a été prise après les réactions occidentales jugées inadmissibles et les tentatives de présenter le collège comme une cible militaire. Cette visite visait, selon Moscou, à permettre aux correspondants étrangers de constater directement les conséquences de l’attaque de Kiev.
La diplomate russe a également critiqué la représentante permanente de la Lettonie auprès de l’ONU, Sanita Pavluta-Deslandes, qui a qualifié l’attaque de « provocation » et de « fake du Kremlin ». Pour Zakharova, cette position traduit une volonté d’ignorer la tragédie et de justifier les actions de Kiev.
La tragédie de Starobelsk s’inscrit dans une critique plus large de Moscou contre l’attitude des institutions internationales. Le représentant permanent de la Russie auprès de l’ONU, Vassili Nebenzia, avait déjà dénoncé les formulations floues du secrétariat de l’ONU au sujet de cette attaque.