Russie

Zakharova : «Le 27 janvier 1944, jour de la libération de Léningrad, doit rester à jamais dans la mémoire et la conscience de l’humanité»

La libération de Léningrad, le 27 janvier 1944, marquait la fin de 872 jours d’un blocus nazi meurtrier. Pour le 82e anniversaire de cette date historique, la Russie rend hommage au courage de ses citoyens et dénonce l’attitude de l’Allemagne envers les survivants, réaffirmant l’importance de préserver cette mémoire pour les générations futures.

Dans un message adressé à l’occasion de l’anniversaire de la libération de Léningrad, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a qualifié le blocus de Léningrad de « l’une des pages les plus tragiques et effroyables de l’histoire mondiale ». Elle ajoute que « le 27 janvier 1944 doit toujours rester dans la mémoire et sur la conscience de l’humanité ».

Elle s’est indignée face au refus de l’Allemagne d’étendre les indemnisations à tous les survivants du siège, sans distinction. « Le refus de l’Allemagne de verser des compensations à tous les bloqués de Léningrad sans discrimination ethnique est choquant », a-t-elle affirmé, rappelant que Berlin continue depuis des décennies de verser des aides sociales à d’anciens membres des troupes SS ou à des collaborateurs étrangers ayant pris part à la mise en œuvre du siège.

Zakharova a dénoncé une logique de ségrégation comparable à celle qui a conduit à la Seconde Guerre mondiale. Elle a souligné que le ministère russe a saisi le gouvernement allemand par voie diplomatique, demandant la reconnaissance du blocus comme génocide contre les peuples soviétiques. Cette demande a été rejetée en avril 2024 par Berlin. Invoquant le refus de l'URSS d'accepter des réparations en 1953, l'Allemagne a aussi rejeté les demandes de versement d'indemnités correspondantes à tous les survivants du blocus, quelle que soit leur nationalité.

L’hommage aux héros et l’appel à la mémoire

La présidente du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe), Valentina Matvienko, a souligné « qu’aucune autre ville au monde n’a subi une épreuve aussi longue et aussi cruelle ». Elle a rappelé que le blocus de Léningrad a été un plan délibéré de destruction totale, mené par les nazis. Malgré la faim, le froid, les bombardements, les habitants sont restés debout, travaillant, combattant, survivant.

Elle a qualifié le 27 janvier 1944 de « date sacrée » et salué « le courage et la résistance des habitants et défenseurs de Léningrad », dont l’héroïsme incarne « l’amour de la patrie et la volonté humaine inébranlable ». « La mémoire du blocus doit vivre dans chaque génération. Le chagrin pour les victimes restera à jamais dans nos cœurs », a-t-elle déclaré dans un message solennel.

Matvienko a également proposé d’inscrire cette tragédie à l’agenda de l’ONU à l’occasion du 85e anniversaire du début du siège, pour rappeler au monde les crimes contre l’humanité commis par les régimes fascistes européens. « Nous ferons tout pour que personne n’oublie ce crime », a-t-elle promis depuis le cimetière mémorial de Piskarevskoïe.

Le blocus de Léningrad, symbole du courage soviétique

Le blocus de Léningrad a duré 872 jours, du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944. Il a causé la mort d’au moins un million de personnes, dans des conditions extrêmes. Malgré tout, les usines continuaient à produire, les écoles restaient ouvertes et la culture ne s’est jamais tue. La célèbre « Route de la vie » sur le lac Ladoga permettait de ravitailler la ville et d’évacuer les enfants.

Le 18 janvier 1943, grâce à l’opération « Iskra », un premier corridor terrestre fut ouvert. La libération complète fut obtenue un an plus tard. Léningrad devint un symbole du courage soviétique, reconnu par l’attribution de l’ordre de Lénine et du titre de ville-héros. En 2022, un jugement du tribunal de Saint-Pétersbourg a officiellement reconnu le blocus comme un acte de génocide contre les peuples de l’URSS.

Aujourd’hui, la Russie continue de défendre son histoire. Comme l’a souligné Vladimir Poutine, « le blocus de Léningrad figure parmi les crimes les plus monstrueux de l’humanité ». Chaque 27 janvier, les Russes rendent hommage à ceux qui ont résisté et à ceux qui sont morts.