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Marioupol : des dizaines de corps de civils découverts, la Russie accuse les forces ukrainiennes

Après avoir découvert de nombreux corps sans vie dans les décombres d'un hôpital de Marioupol, le Comité d'enquête russe pointe du doigt les forces ukrainiennes. Kiev dit de son côté avoir retrouvé de nombreux civils morts en banlieue de la capitale.

Alors que la ville de Marioupol est quasi-totalement passée sous contrôle des forces russes et de la milice de la République populaire de Donetsk, le Comité d'enquête russe a découvert dans les décombres des dizaines de corps de civils, notamment dans un hôpital. L'organisme évoque ainsi dans un communiqué ce 21 avril des «traces de crimes commis par des militaires des forces armées ukrainiennes contre des civils».

«Il a été établi que, dans le but d’intimider la population, de déstabiliser l’activité des autorités de la République populaire de Donetsk, des organisations internationales, ainsi que pour influencer les décisions qu’elles prennent, le commandement de l’unité [des forces ukrainiennes] A-2802 avait maintes fois donné des ordres à des militaires qui lui étaient subordonnés d’effectuer des attaques d’artillerie et des bombardements à l’aide d’autres armes légères sur des maisons et immeubles, d’autres infrastructures civiles et des infrastructures essentielles de Marioupol, ainsi que contre la population civile», précise le communiqué, ajoutant que des poursuites ont été engagées contre l'unité d'infanterie précitée.

Le Comité russe souligne encore que les enquêteurs ont «découvert des dizaines de corps de civils» en inspectant l'hôpital n° 4 de Marioupol, et précise : «Le nombre définitif de morts sera établi une fois les travaux d’enlèvement des décombres terminés [...] Des mesures sont prises pour identifier tous les responsables.»

Des images des décombres, dans lesquels se trouvent des corps sans vie, ont été diffusées.

Kiev dit avoir retrouvé plus de 1 000 corps de civils après le retrait russe

L'Ukraine n'a pas réagi dans l'immédiat aux accusations, mais accuse depuis plusieurs semaines les forces russes d'être responsables d'exactions envers les civils notamment à Marioupol ou encore à Boutcha, et même de crimes de guerre. Moscou dément fermement, évoquant de «fausses informations» et accusant les combattants ukrainiens, en particulier les bataillons ultranationalistes, d'utiliser la population comme bouclier humain.

Ce 21 avril, la vice-Premier ministre ukrainienne Olga Stefanychyna a affirmé à l'AFP qu'au moins 1 020 corps de civils avaient été retrouvés dans la région de Kiev depuis le début de l'offensive russe en Ukraine le 24 février.

Le même jour, la police régionale de Kiev avait annoncé avoir déterré neuf nouveaux corps de civils à Borodianka. Sur Facebook, le chef de la police locale, Andriï Nebytov, avait assuré : «Ces personnes ont été tuées par les occupants [russes] et certaines des victimes présentent des signes de torture.»

La Russie, qui affirme viser exclusivement les infrastructures militaires, n'a pas réagi à ces accusations précises dans l'immédiat.