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De la «chair à canon» : Régis Le Sommier a côtoyé des combattants étrangers en Ukraine

S'il n'implique officiellement aucune armée occidentale étrangère sur le front, le conflit ukrainien a vu arriver de nombreux combattants volontaires à l'appel de Volodymyr Zelensky. C'est notamment le cas de plusieurs Français.

De retour d’Ukraine où ils ont suivi plusieurs Français partis combattre l’armée russe à l’appel du président Volodymyr Zelensky, les journalistes Régis Le Sommier et Noël Quidu ont publié le 8 avril dans les colonnes du Figaro un reportage consacré aux différents profils qu’ils ont été amenés à côtoyer.

Le grand reporter Régis Le Sommier a par ailleurs témoigné de vive voix de sa récente expérience sur le terrain, notamment ce 10 avril à l’antenne de Sud Radio.

Alors que début mars, Kiev estimait à près de 20 000 le nombre de combattants étrangers ayant rejoint l'armée ukrainienne, l’auteur de «La vérité du terrain» (paru le 7 avril aux éditions Bouquins) a pu constater l'attractivité que «la cause de l’Ukraine» avait exercé sur des combattants aux sensibilités politiques diverses, et ce, même s’ils savaient qu’ils s’apprêtaient à côtoyer des formations ultranationalistes comme le bataillon Azov.

On se rend compte que ce sont les Américains qui encadrent tout ça

«Il y a aussi des anarchistes qui combattent côté ukrainien», témoigne par exemple Régis Lee Sommier, selon qui ces hommes sont «habités par l’idée d’intégrer des brigades internationales». «Et à la fin c’est un peu la douche froide [car] on se rend compte que ce sont les Américains qui encadrent tout ça […] C’est un peu de la chair à canon qui part», relate encore le grand reporter.

«Cette guerre est complètement folle, quand on voit, côté russe, ces Tchétchènes qui partent au combat en criant "Allah akbar" [alors] qu'à la fin, ils mettent sur les édifices des drapeaux avec le Christ roi», témoigne par ailleurs le journaliste qui analyse des deux côtés du front «une foison idéologique» qu'il qualifie de «folie humaine».

Le 9 avril, le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konashenkov, a fait savoir que les forces armées russes et leurs alliées avaient intercepté des communications radio confirmant la présence de nombreux mercenaires étrangers dans la zone de Marioupol. Alors que face à ce phénomène, les gouvernements occidentaux ont pour l'heure réagi entre silence, autorisation ou condamnation, le président russe Vladimir Poutine avait annoncé le 11 mars vouloir répondre à cet afflux de mercenaires en facilitant l'acheminement vers les zones de combats des «volontaires» voulant «aider» la population du Donbass. Le Kremlin avait alors notamment affirmé disposer «d’un certain réseau d’unités en contact direct avec la population locale en Syrie et dans un certain nombre d’autres pays».