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Allemagne : Angela Merkel «assume» son opposition de 2008 à l'intégration de l'Ukraine dans l'OTAN

Face aux critiques de Volodymyr Zelensky sur le refus allemand d'intégrer l'Ukraine au sein de l'OTAN en 2008, Angela Merkel dit «assumer» sa décision. Le dirigeant ukrainien accusait l'ex-chancelière d'avoir cherché à «apaiser la Russie».

L'ancienne chancelière Angela Merkel a défendu le 4 avril son refus, en 2008, d'engager le processus d'admission de l'Ukraine au sein de l'OTAN face aux critiques de l'actuel président Volodymyr Zelensky qui a regretté la «peur absurde» manifestée par certains dirigeants à l'époque. L'ancienne dirigeante allemande, qui a quitté le pouvoir fin 2021, affirme, dans une courte déclaration publiée par sa porte-parole, qu'elle «assume ses décisions du sommet de l'OTAN de 2008 à Bucarest».

Dans un message vidéo le 3 avril, Volodymyr Zelensky avait critiqué le refus, en 2008, de l'OTAN d'intégrer l'Ukraine à cause de la «peur absurde de certains responsables politiques à l'égard» de Moscou. Ces derniers «pensaient qu'en rejetant l'Ukraine, ils pouvaient apaiser la Russie», a critiqué le président ukrainien.

Au sommet de l'OTAN à Bucarest, en avril 2008, l'Allemagne s'était prononcée contre le lancement du processus d'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie, position partagée par le président Sarkozy, estimant qu'il ne s'agissait pas de démocraties assez stables. 

Volodymyr Zelensky a également suggéré à Angela Merkel, aujourd'hui sans fonction officielle, ainsi qu'à l'ancien président français Nicolas Sarkozy de se rendre à Boutcha, ville au nord-ouest de Kiev d'où l'armée russe s'est récemment retirée. Alors que de nombreux corps de civils y ont été retrouvés dans les rues ou des fosses communes, le pouvoir ukrainien et ses alliés occidentaux accusent la Russie d'avoir commis des meurtres de civils. Moscou dément et met en garde contre une «provocation» de Kiev, tout en appelant à des discussions internationales sur ce dossier.

«J'invite Mme Merkel et M. Sarkozy à visiter Boutcha et à voir à quoi la politique de concessions envers la Russie a abouti», a pour sa part lancé Volodymyr Zelensky. «Compte tenu des atrocités découvertes à Boutcha et dans d'autres endroits en Ukraine, tous les efforts du gouvernement et de la communauté internationale pour se tenir aux côtés de l'Ukraine et mettre fin à la barbarie et à la guerre de la Russie contre l'Ukraine bénéficient du plein soutien de l'ancienne chancelière», répond la porte-parole de Angela Merkel dans son message. 

La chancelière, restée à la tête de l'Allemagne durant 16 ans, ne s'est quasiment pas exprimée depuis le début du conflit.