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Adhésion de l'Ukraine à l'OTAN : l'Alliance prête à contourner la «ligne rouge» de Moscou ?

Le secrétaire général de l'OTAN n'entend pas fermer la porte à l'adhésion de l'Ukraine malgré la pierre d'achoppement que constitue cette question entre la Russie et l'Alliance atlantique.

Selon une information rapportée le 26 janvier par l'agence de presse TASS, Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'organisation du traité Atlantique nord (OTAN), a fait savoir lors d'une conférence de presse tenue à Bruxelles le jour même, que la structure politico-militaire qu'il dirige se montrerait inflexible pour faire respecter le droit d'un pays à rejoindre l'Alliance.

«Nous ne pouvons pas faire de compromis concernant les principes sur lesquels notre sécurité est fondée depuis des décennies. L'OTAN respecte le droit de tout pays, comme l'Ukraine, de demander son adhésion, tout comme elle respecte le droit de pays – comme la Suède et la Finlande – de ne pas la demander», a en effet déclaré l'homme d'Etat norvégien.

Une «ligne rouge» pour la Russie

Dans un contexte d'expansion de l'Alliance atlantique vers les anciennes républiques soviétiques en Europe de l'Est depuis les années 1990, une potentielle future adhésion à l'OTAN de l'Ukraine constitue «une ligne rouge» pour Moscou, avait récemment fait savoir le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Qualifiant l'OTAN d'«arme de confrontation» et non de paix, Dmitri Peskov avait en effet insisté sur la menace aux yeux de la Russie d'une telle extension non seulement pour son pays, mais également pour l'ensemble de «l'architecture de la sécurité européenne». Le porte-parole du Kremlin avait ainsi évoqué une «invasion progressive de l'OTAN sur le territoire ukrainien», sous la forme selon lui de l'envoi d'instructeurs militaires et d'armes, tant défensives qu'offensives.

Le dossier ukrainien s'est récemment imposé comme la plus importante crise sécuritaire entre Moscou et Washington depuis la fin de la guerre froide.

Face à une situation explosive, les chefs des diplomaties russe et américaine se sont cependant rencontrés le 21 janvier à Genève. Un échange à l'issue duquel les hauts diplomates ont, malgré l'absence d'avancée majeure, convenu de poursuivre les discussions sur le développement de la situation.

D'un côté, l'administration américaine brandit depuis plusieurs mois la menace de nouvelles sanctions contre la Russie dans le cas où elle en viendrait à envahir l'Ukraine – une hypothèse régulièrement entretenue en Occident malgré les multiples démentis de Moscou à ce sujet.

De l'autre, la Russie a demandé à plusieurs reprises l'arrêt de l'expansion de l'OTAN vers les pays de l'ex-URSS – comme l'Ukraine – et réclame une limitation des déploiements militaires près des frontières russes.