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Le Premier ministre australien demande des explications à Djokovic sur sa dérogation vaccinale

Scott Morrison a annoncé qu'il exigerait de Novak Djokovic «des preuves» que la dérogation médicale dont il a bénéficié pour participer à l'Open d'Australie était justifiée, faute de quoi le Serbe serait renvoyé «chez lui par le premier avion».

La dérogation médicale accordée à Novak Djokovic, muet sur son statut vaccinal, pour qu'il participe à l'Open d'Australie suscite des réactions indignées dans le pays, où le Premier ministre a menacé ce 5 janvier de renvoyer le Serbe «par le premier avion» si cette exemption n'était pas justifiée.

«Nous attendons sa présentation et qu'il nous fournisse des preuves pour soutenir» cette dérogation, a expliqué Scott Morrison lors d'une conférence de presse. «Si ces preuves sont insuffisantes, alors il ne sera pas traité différemment de qui que ce soit d'autre, et il retournera chez lui par le premier avion. Il n'y aura aucune règle spéciale pour Novak Djokovic. Pas la moindre», a insisté le Premier ministre.

Protégé par le secret médical

«Ce serait certainement utile si Novak expliquait les conditions dans lesquelles il a demandé et obtenu une exemption», a aussi déclaré ce 5 janvier aux journalistes le directeur général de Tennis Australia Craig Tiley, également directeur du premier Grand Chelem de l'année. «Je l'encourage à parler de cela à la communauté... Nous avons traversé une période très difficile au cours des deux dernières années et j'apprécierais certaines réponses à cela», a-t-il ajouté.

Le patron du tennis australien a toutefois affirmé que le numéro 1 mondial n'avait bénéficié d'aucun traitement de faveur pour obtenir cette dérogation, lors d'un processus supervisé par les autorités australiennes et celles de l'Etat de Victoria.

Un crachat à la face de tout habitant de l'Etat de Victoria et de tout Australien

Un total de 26 joueurs ou membres de leur staff, sur les quelque 3 000 attendus en Australie, ont demandé une exemption et seuls quelques-uns d'entre eux l'ont obtenue, a-t-il dévoilé. Selon Craig Tiley, les deux commissions chargées d'examiner les demandes d'exemption le font sans connaître l'identité des requérants.

Depuis des mois, «Nole» laissait planer le doute sur sa participation au premier Grand Chelem de l'année, dont il est le tenant du titre et neuf vois vainqueur, en raison de l'obligation faite aux joueurs de se vacciner contre le Covid-19 pour entrer en Australie. Le champion de tennis s'était exprimé dès avril 2020 contre la vaccination obligatoire, alors envisagée pour permettre la reprise des tournois. «Personnellement, je ne suis pas pour les vaccins. Je n'aimerais pas que quelqu'un m'oblige à me faire vacciner pour voyager», avait-il alors affirmé.

Il a finalement annoncé le 4 janvier avoir obtenu une dérogation médicale lui permettant de faire le voyage. La réglementation australienne prévoit ce type de dérogation dans cinq cas précis (avoir contracté le Covid-19 dans les six mois précédents, grave contre-indication médicale...) mais la fédération, invoquant le secret médical, a refusé de dire lequel s'appliquait à Djokovic.

Cette décision a soulevé un tollé en Australie, où les mesures mises en place pour lutter contre le Covid-19 ont été particulièrement strictes depuis le début de la pandémie. Il s'agit d'un «crachat à la face de tout habitant de l'Etat de Victoria et de tout Australien», a écrit l'ancien tennisman Sam Groth, devenu commentateur à la télévision, dans une tribune publiée par le quotidien Herald Sun de Melbourne. «Vous voulez dire que vous avez une exemption, mais vous ne voulez pas dire pourquoi ? C'est d'une dégoûtante hypocrisie», a-t-il ajouté. «Je crois que si c'était moi qui n'étais pas vacciné, je n'aurais pas obtenu d'exemption», s'est aussi plaint pour sa part le joueur de double britannique Jamie Murray, qui participe actuellement à l'ATP Cup à Sydney.