International

Melbourne : grand rassemblement contre l'obligation vaccinale et un projet de loi anti-Covid-19

Des nombreux manifestants se sont réunis devant le Parlement de l'Etat de Victoria pour protester contre la vaccination obligatoire de certains travailleurs et contre un projet de loi qui renforcerait les mesures de restrictions anti-Covid-19.

Ce 30 octobre, de nombreux manifestants se sont réunis à Melbourne, la deuxième ville d'Australie, pour protester contre l'obligation vaccinale concernant certaines professions, et contre un projet de loi qui permettrait aux autorités de prendre de nouvelles mesures de restrictions et la possibilité de renforcer les sanctions si besoin.

Les manifestants s'étaient rassemblés autour du Parlement de l'Etat de Victoria. Des photos et des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent une vaste foule, et l'on peut y voir des pancartes portant des inscriptions telles que «sack Dan» («virez Dan»), en référence au Premier ministre de l'Etat, Daniel Andrews. Des chants appelant à sa démission ont également été entonnés ainsi que des slogans tels que «nous avons besoin d'une déclaration des droits !» ou «arrêtez l'apartheid médical».

Les militants ont également prononcé des discours dénonçant l'obligation vaccinale pour les «travailleurs essentiels» – qui est entrée en vigueur dans cet Etat début octobre – ainsi qu'une proposition de loi actuellement étudiée au Parlement et qui vise à remplacer la législation spéciale liée au Covid-19 actuellement en place.

Un ex-membre de la police a pris la parole devant les manifestants en leur affirmant qu'il sont «ceux dont se souviendra en tant que héros». «Mes anciens collègues qui sont ici [surveillant la manifestation] savent que c'est absurde [...] Je peux voir mes collègues qui sont piégés par un bulletin de salaire, et qui obéissent à des ordres injustes», a-t-il ensuite confessé.

Une certaine lassitude d'une partie de la population après six confinements

S'il était adopté, ce projet de loi controversé introduirait les amendes pour non-respect des ordonnances sanitaires les plus lourdes du pays, voire des peines de prison. Toute personne reconnue coupable d'avoir délibérément enfreint une de ces règles et d'avoir de facto mis une autre personne en danger pourrait être condamnée à deux ans de prison, tandis que les autres contrevenants seraient passibles d'une amende pouvant atteindre 90 500 dollars australiens (environ 59 000 euros).

Les entreprises en infraction sont passibles d'une amende de 452 500 dollars (environ 295 000 euros), bien que le gouvernement de l'Etat se soit engagé à n'imposer les sanctions maximales que «rarement». Le projet de loi habiliterait également les responsables de la santé à déclarer de nouveaux états d'urgence et à imposer de nouveaux confinements et d'autres restrictions en cas de pandémie.

Alors que la population de Melbourne a été confinée à six reprises depuis mars 2020, les restrictions y ont été assouplies le 22 octobre, avec notamment la levée de l'interdiction de voyager et de l'obligation de port du masque en extérieur. L'Etat de Victoria dans son ensemble reste cependant soumis à certaines mesures anti-Covid-19, telle que la limitation de l'affluence à 75 % de la capacité d'accueil dans les lieux de divertissement couverts ou la limitation des rassemblements en plein air à 30 personnes. La manifestation de ce jour à Melbourne a donc enfreint cette dernière règle mais, contrairement aux précédentes manifestations ayant eu lieu ans la ville, la police n'a semble-t-il pas fait usage de la force, et on ignore pour l'heure si des arrestations ont eu lieu.

L'Australie a été relativement épargnée par la pandémie, déplorant environ 150 000 cas et 1 500 décès pour une population de 25 millions d'habitants. Après avoir cherché à atteindre le «zéro Covid» pendant une grande partie de la pandémie, Melbourne a suivi l'exemple de Sydney en abandonnant cette stratégie après avoir échoué à contenir le variant Delta.