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Afghanistan : Joe Biden accusé d’avoir occulté les recommandations de plusieurs généraux

Des responsables militaires, auditionnés devant la commission des services des armées du Sénat, ont contredit Joe Biden qui avait affirmé qu’aucun de ses conseillers militaires ne lui avait recommandé le maintien de 2 500 soldats en Afghanistan.

Les déclarations contradictoires de Joe Biden concernant le retrait des troupes américaines en Afghanistan continue de susciter la controverse outre-Atlantique. Le président étasunien qui avait affirmé le 19 août dernier ne pas avoir eu connaissance de recommandations de généraux de maintenir 2 500 soldats sur le sol afghan au-delà de la date de retrait du 31 août, a été notamment contredit par deux généraux devant la commission des services des armées du Sénat.

Le maintien de forces américaines en Afghanistan a été recommandé à Joe Biden malgré ses dénégations

Mark Millel, chef du Commandement central des Etats-Unis a en effet affirmé devant les sénateurs républicains qu'il avait bel et bien recommandé le maintien d’une présence militaire de 2 500 hommes en Afghanistan.

Le général Mark Milley, le principal conseiller militaire de Joe Biden et président des chefs d'état-major interarmées, a quant à lui soutenu les propos de son collègue mais a refusé de répondre explicitement au sénateur de l’Alaska, Dan Sullivan, qui lui demandait si les affirmations de Joe Biden constituaient «une fausse déclaration».

Interrogé également sur ce sujet, le secrétaire à la Défense, Lloyd Austin a ainsi donné une réponse sibylline : «les données ont été reçues par le président [Joe Biden], c’est évident. En ce qui concerne ce qu’ils ont spécifiquement recommandé, comme je l’ai déjà dit, ils ne vont pas révéler ce qu’ils recommandent confidentiellement.»

Les républicains n’ont pas manqué de saisir l’opportunité pour tirer à boulets rouges sur Joe Biden en l’accusant d’avoir menti aux Américains.

Le sénateur Tom Cotton républicain est ainsi revenu à la charge sur Twitter : «Le président [Joe] Biden a déclaré que personne ne l'avait mis en garde contre les risques de son retrait désastreux de l'Afghanistan. C'était un mensonge.»

Kayleigh McEnany, ancienne porte-parole de la Maison Blanche sous l'administration Donald Trump, a elle aussi réagi : «Biden a déclaré qu'aucun haut commandement militaire ne lui avait conseillé de laisser une présence de troupes en Afghanistan. [Mark] Milley & [Frank] McKenzie confirment qu'ils voulaient que des troupes soient présentes. [Lloyd] Austin a déclaré que leurs conseils avaient été "reçus et pris en compte, bien sûr". Biden doit répondre à quelques questions !»

Jen Psaki, la porte-parole actuelle de la Maison Blanche, a cependant commenté les informations contradictoires le 28 septembre en affirmant dans un tweet que le président étasunien avait «déclaré que les conseils étaient partagés, mais que le consensus des principaux conseillers militaires était que 2 500 soldats auraient dû rester», mais que cela aurait provoqué «une escalade» en violation de l’accord passé avec les Taliban.

Selon Mark Milley, Al-Qaïda est toujours actif et reste toujours une menace malgré les déclarations de Joe Biden

Enfin, Mark Milley a déclaré qu'al-Qaïda est toujours présent en Afghanistan, contredisant directement une autre déclaration de Joe Biden selon laquelle l'organisation terroriste avait été éradiquée. «Les talibans étaient et restent une organisation terroriste et n'ont toujours pas rompu les liens avec al-Qaïda».

«Un al-Qaïda reconstitué ou ISIS [Daesh] aspirant à attaquer les Etats-Unis est une possibilité très sérieuse», a-t-il poursuivi. «Ces conditions pour recouvrer des activités dans des espaces non gouvernés pourraient se présenter dans les 12 à 36 prochains mois», a-t-il poursuivi.

Nous avons aidé à construire un Etat, mais nous ne pouvions pas forger une nation

Il est revenu également sur le retour fulgurant des Taliban au pouvoir : «le fait que l'armée afghane, que nous et nos partenaires avons formée, s’est tout simplement évaporée – dans de nombreux cas sans tirer un coup de feu – nous a tous pris par surprise».

«Nous avons aidé à construire un Etat, mais nous ne pouvions pas forger une nation», a-t-il souligné.