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Google se débarrasse d'une chercheuse en éthique : que se passe-t-il chez le géant du web ?

Quelques semaines après s'être vu refuser l'accès à son compte professionnel, une chercheuse en éthique et intelligence artificielle a été remerciée par Google. Que se passe-t-il dans la filiale d'Alphabet ?

Comme l'ont rapporté le 19 février plusieurs médias anglophones, l'entreprise Google s'est débarrassée d'une co-fondatrice de son équipe de recherche en éthique et intelligence artificielle, Margaret Mitchell. «Je suis virée», a écrit l'intéressée  sur Twitter. 

Le géant américain du web justifie sa décision par le fait que la chercheuse se serait livrée à de «multiples violations» du code de conduite de l'entreprise et de sa politique de sécurité, parmi lesquelles «l'exfiltration de documents confidentiels sensibles et de données privées d'autres employés», comme le relève le Financial Times, qui explique que Margaret Mitchell accuse de son côté Google de l'avoir forcée à arrêter certaines recherches.

En tout état de cause, l'épisode intervient un mois après sa première suspension en janvier 2021, Google ayant alors reproché à son employée d'avoir téléchargé des documents liés à une ancienne collègue, Timnit Gebru, dont le départ à la fin de l'année 2020 avait suscité une vague d'indignation, notamment au sein de l'entreprise. «En décembre, plus de 1 400 employés de Google [...] avaient signé une lettre appelant l'entreprise à expliquer pourquoi Timnit Gebru avait été renvoyée», rappelle l'AFP à ce sujet. 

Racisme, sexisme ? Google dans la tourmente

Alors que l'entreprise avait assuré qu'il s'agissait d'un départ volontaire, Timnit Gebru a de son côté déclaré avoir été licenciée pour avoir co-signé un document de recherche sur le biais potentiel des systèmes d'intelligence artificielle linguistique comme ceux utilisés par Google. «Le départ de Mme Gebru avait alors mis en évidence un mécontentement persistant au sein de l'entreprise américaine, concernant sa gestion des questions de diversité raciale et de genre», rappelle le Financial Times.

Dans une lettre publiée en interne au moment du départ de Timnit Gebru et rendue publique par la suite, Margaret Mitchell avait pour sa part affirmé que le différend découlait de mauvais traitements infligés à son ancienne collègue.

«Vous avez un problème parce que vous n'arrêtez pas d'aliéner les femmes noires et vous leur causez des torts importants», avait-elle par ailleurs twitté au mois de janvier à l'endroit du directeur exécutif de Google, Sundar Pichai.

«J'imagine que ça veut dire que l'intelligence artificielle éthique n'a pas sa place dans une société capitaliste», a commenté sur Twitter Chelsea Manning, ex-analyste militaire condamnée par la justice américaine pour trahison après avoir fait fuiter plus de 700 000 documents confidentiels ayant trait aux guerres d'Irak et d'Afghanistan, dont plus de 250 000 câbles diplomatiques.