International

Lampedusa : Rome reconnaît un «flux exceptionnel» de migrants et l'attribue au Covid-19

Environ 11 000 migrants – dont la moitié est partie de Tunisie – ont débarqué en Italie la semaine du 20 juillet. La ministre italienne de l'Intérieur fait part de sa «vive inquiétude» face à ce phénomène en pleine pandémie de Covid-19.

La crise sanitaire et économique liée au Covid-19 «engendre un flux exceptionnel de migrants économiques», a estimé le 29 juillet le ministère italien de l'Intérieur dans un communiqué. Nombre d'entre eux débarquent sur l'île touristique de Lampedusa, sous les yeux des baigneurs en vacances.

 «Les débarquements autonomes sur les côtes italiennes se sont plus que multipliés en très peu de temps», note le ministère, en faisant référence aux petits bateaux qui traversent la Méditerranée depuis les côtes d'Afrique du Nord sans être interceptés.

Près de la moitié des quelque 11 000 migrants qui ont débarqué en Italie la semaine dernière étaient partis de Tunisie, et la plupart d'entre eux étaient des citoyens tunisiens, selon les chiffres officiels. Les autres avaient embarqué, dans leur majorité, en Libye.

«L'UE doit se saisir de cette question immédiatement» et opérer une répartition des nouveaux arrivants, «en particulier durant cette phase de risque sanitaire élevé», a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, sur son compte Facebook.

Plus de 300 personnes, essentiellement des Tunisiens, sont arrivées à Lampedusa au cours de la nuit du 28 juillet à bord de 13 embarcations, portant à plus de 1 000 le total des migrants dans le centre d'accueil dont la capacité théorique est de 95 personnes. Les gardes-côtes italiens ont par ailleurs annoncé le 29 juillet avoir secouru une centaine de migrants en détresse sur un canot qui se dégonflait au large de la Libye.

80 citoyens tunisiens renvoyés dans leur pays depuis la fin du confinement

La ministre italienne de l'Intérieur Luciana Lamorgese a d'ailleurs rencontré le 27 juillet le président tunisien Kais Saied et son ministre de l'Intérieur à Carthage (Tunisie) pour exprimer sa «vive inquiétude» face à l'afflux récent de migrants en provenance de Tunisie. Les vols de rapatriement vers la Tunisie avaient repris le 16 juillet, 80 citoyens tunisiens ayant été renvoyés depuis la fin du confinement, a fait savoir le ministère, précisant qu'il entendait «augmenter le nombre de retours hebdomadaires».

Au mois de novembre 2019, reprenant le flambeau du ministère de l'Intérieur après le sulfureux Matteo Salvini, l'ancienne préfète Luciana Lamorgese avait déclaré au journal La Repubblica qu'il n'y avait «aucune invasion» migratoire et avait réfuté le «triplement» des chiffres de l'immigration avancés par son prédécesseur, en annonçant : «Je n'ai pas de telles informations.»