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Colonisation de l'Algérie : après les «demi-excuses» de Macron, Tebboune attend un nouveau pas

Le président Abdelmadjid Tebboune a déclaré attendre des excuses de la France pour la colonisation de l'Algérie et estimé que son homologue Emmanuel Macron était «quelqu'un de très honnête», susceptible de contribuer à ce climat d'apaisement.

Interrogé le 4 juillet 2020 à l'occasion d'une interview accordée à la chaîne internationale France 24 sur d'éventuelles excuses de Paris pour la colonisation française de l'Algérie, le chef d'Etat Abdelmadjid Tebboune a répondu : «On a déjà reçu des demi-excuses. Il faut faire un autre pas […] On le souhaite.»

«Cela va permettre d'apaiser le climat et le rendre plus serein pour des relations économiques, pour des relations culturelles, pour des relations de voisinage», a-t-il poursuivi, rappelant que plus de six millions d'Algériens vivent en France et qu'ils peuvent «emmener quelque chose là-bas et ici».

Avec le président Macron, nous pouvons aller loin dans l'apaisement

La veille, la France avait annoncé la restitution des restes de 24 combattants algériens tués au début de la colonisation française au XIXe siècle. Ce geste symbolique a permis une détente dans les relations entre l'Algérie et l'ancienne puissance coloniale, marquées depuis l'indépendance en 1962 par des polémiques récurrentes et des crispations. «Je trouve qu'avec le président Macron, nous pouvons aller loin dans l'apaisement, dans le règlement du problème de la mémoire», estime le président Tebboune.

«C'est quelqu'un de très honnête qui veut apaiser la situation […] et permettre à nos relations de retrouver leur niveau naturel», a-t-il encore estimé, qualifiant son homologue français de «très sincère, très propre du point de vue historique».

Lors d'une visite à Alger en décembre 2017, Emmanuel Macron s'était engagé à restituer les restes d'Algériens entreposés au Musée de l'Homme. La même année à Alger, mais avant son élection, il avait qualifié la colonisation de l'Algérie de «crime contre l'humanité».

L'année précédente, dans un entretien à l'hebdomadaire Le Point, Emmanuel Macron se montrait pourtant moins catégorique, voyant à la fois «des éléments de civilisation et des éléments de barbarie» dans la colonisation de l'Algérie. «Alors oui… en Algérie, il y a eu la torture, mais aussi l’émergence d’un Etat, de richesses, de classes moyennes. C’est la réalité de la colonisation», déclarait le futur président français.