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Iran : pour le nouveau président du Parlement, négocier avec Washington serait «inutile et nuisible»

Elu en février au Parlement iranien, Mohammad-Bagher Ghalibaf a prononcé ce 31 mai 2020 son premier discours en tant que président de la chambre. Il a jugé que négocier avec Washington, «axe de l'arrogance global», serait «inutile et nuisible».

Dans un discours télévisé, Mohammad-Bagher Ghalibaf, devenu président du Parlement iranien le 28 mai, s'est adressé aux députés en les invitant à redéfinir l'attitude de l'Iran face aux Etats-Unis : «Notre stratégie face à l'Amérique terroriste est de finir de venger le sang du martyr Soleimani». Et selon lui, cette stratégie ne pourra se concrétiser qu'avec «l'expulsion totale de l'armée terroriste de l'Amérique de notre région».  

Négocier et jouer l'apaisement avec les Etats-Unis, axe de l'arrogance global, serait inutile et nuisible

L'ombre de Qassem Soleimani

Âgé de 58 ans, l'ancien maire de Téhéran de 2005 à 2017 et membre des Gardiens de la révolution a considéré que «négocier et jouer l'apaisement avec les Etats-Unis, axe de l'arrogance global, serait inutile et nuisible».  

Le président du Parlement a longuement fait référence au général iranien Qassem Soleimani, chef des opérations extérieures des puissants Gardiens de la révolution – l'armée idéologique de l'Iran – tué en janvier 2020 dans une attaque aérienne américaine en Irak

Depuis le retrait américain de l'accord de Vienne de 2015 sur le nucléaire iranien et le retour de lourdes sanctions américaines contre Téhéran, les tensions entre les deux pays n'ont cessé de s'amplifier.

Une frappe américaine qui a choqué les Iraniens

Celles-ci ont atteint leur apogée début janvier, lorsque Qassem Soleimani a succombé dans une frappe de drone américaine près de l'aéroport de Bagdad. Une attaque qui a choqué les Iraniens, par-delà les clivages politiques, et avait fait craindre un conflit ouvert entre les deux ennemis jurés.

Quelques jours plus tard, l'Iran ripostait par des tirs de missiles sur des bases abritant des soldats américains en Irak, sans représailles militaires de Washington. 

Dans son discours prononcé le 31 mai 2020, le nouveau président du Parlement a appelé à améliorer les relations avec les voisins de l'Iran et «les grandes puissances qui ont été des amis dans les temps difficiles et partagent avec nous des relations stratégiques importantes», sans les nommer.