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Décès de George Floyd : nombreuses manifestations aux Etats-Unis malgré l'inculpation d'un policier

Des manifestations ont de nouveau eu lieu dans plusieurs villes américaines après la mort en début de semaine d'un Américain noir au cours de son interpellation à Minneapolis. Le policier avait pourtant été arrêté et inculpé d'homicide involontaire.

Après la mort en début de semaine d'un Américain noir lors de son interpellation à Minneapolis (Minnesota), des centaines de personnes se sont rassemblées à travers les Etats-Unis le soir du 29 mai : devant la Maison Blanche à Washington, mais aussi à New York, Dallas, Houston (ville d'origine de la victime), ou encore Las Vegas, Des Moines, Memphis et Portland. A Atlanta, des véhicules de patrouille de la police locale ont été brûlés.

La famille de George Floyd, 46 ans, à laquelle le président Donald Trump a annoncé avoir parlé, a salué l'arrestation du policier comme un premier pas sur «la voie de la justice», mais l'a jugée «tardive» et insuffisante. «Nous voulons une inculpation pour homicide volontaire avec préméditation. Et nous voulons voir les autres agents [impliqués] arrêtés», a-t-elle revendiqué dans un communiqué.

Pour l'instant, seul le policier Derek Chauvin «a été placé en détention», a déclaré le commissaire John Harrington du département de la Sécurité civile du Minnesota. Le visage de cet agent a fait le tour du monde depuis qu'une vidéo, capturée le lundi 25 mai et devenue virale, le montre interpellant violemment George Floyd pour un délit mineur, et plaçant son genou sur son cou. On voit George Floyd supplier et se plaindre : «Je ne peux plus respirer.»

Derek Chauvin et les trois autres agents impliqués dans le drame ont été licenciés et des enquêtes fédérales et locales ont été ouvertes pour établir leurs responsabilités. Derek Chauvin est accusé d'avoir commis un acte cruel et dangereux ayant causé la mort, ainsi que d'homicide involontaire, selon le procureur du comté de Hennepin, où se trouve Minneapolis.

Couvre-feu à Minneapolis après plusieurs nuits d'émeutes

Ce développement fait suite à une troisième nuit d'émeutes dans cette grande ville du Minnesota, dans le nord du pays, où des manifestants réclament des sanctions pénales à la hauteur de la violence subie par la victime.

La Garde nationale a été déployée pour tenter de ramener le calme et un couvre-feu a été décrété à partir du soir du 29 mai jusqu'au lendemain matin, alors qu'un commissariat a été incendié dans la nuit précédente et plusieurs commerces pillés.

Donald Trump, qui a dénoncé à plusieurs reprises un crime «tragique», s'en est pris aux «casseurs». «Quand les pillages démarrent les tirs commencent», a-t-il ajouté dans un tweet que le réseau social a décidé d'épingler comme une «apologie de la violence».

Sur un ton diamétralement opposé, son prédécesseur démocrate Barack Obama a dit partager «la détresse» des millions d'Américains noirs, pour lesquels «être traités différemment sur la base de la race est tragiquement, douloureusement et de façon rageante "normal"».

Dans la nuit du 28 au 29 mai, pour la troisième fois, les manifestations ont tourné à l'émeute aux abords du commissariat où travaillaient les quatre membres des forces de l'ordre. Confrontées à l'avancée des manifestants, ces dernières avaient abandonné les lieux dans la soirée. Certains manifestants ont alors réussi à forcer les barrières de sécurité, à briser les vitres et à mettre le feu au bâtiment. Plusieurs boutiques des alentours ont connu un sort comparable et les violences ont également gagné certains quartiers de la ville voisine de Saint-Paul (capitale de l'Etat), avec des heurts sporadiques entre policiers et habitants.

Manifestations à Washington, à New York, à Louisville...

La colère a gagné plusieurs autres villes américaines. Des centaines de personnes ont notamment manifesté devant la Maison Blanche à Washington en brandissant des pancartes barrées de slogans comme «Arrêtez de nous tuer».

A New York, près d'un millier de manifestants se sont rassemblés pour fustiger la police, tandis qu'à Denver, une autoroute a été bloquée.

A Louisville, dans le Kentucky, des affrontements ont eu lieu alors que des habitants demandaient justice pour Breonna Taylor, une femme noire tuée dans son appartement en pleine nuit de mars par la police.

L'émotion a dépassé les frontières américaines et des appels à rendre justice à George Floyd se multipliaient sur les réseaux sociaux dans plusieurs pays.

L'affaire rappelle celle d'Eric Garner, un homme noir décédé en 2014 à New York après avoir été asphyxié lors de son arrestation par des policiers blancs. Lui aussi avait dit : «Je ne peux pas respirer.» Une phrase devenue cri de ralliement du mouvement Black Lives Matter («la vie des noirs compte»).