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Russie, Corée du Sud, Etats-Unis, Inde... : ces pays qui misent sur la chloroquine

Si en France le débat fait rage, d'autres pays n'ont pas hésité à opter pour la chloroquine. Par choix ou par dépit, un nombre croissant d'Etats préconise l'utilisation de cet antipaludique dans le traitement du Covid-19. Tour d'horizon.

Pour ou contre la chloroquine ? C'est une question qui rythme les discussions quotidiennes des Français en ces temps de crise épidémique. Au sommet de l'Etat, le médicament antipaludéen, et surtout son dérivé l'hydroxychloroquine, ne fait toutefois pas l'unanimité. Cependant, le 23 mars dernier, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé qu'il prendrait un arrêté pour rendre le médicament accessible pour les formes les plus graves, dans les hôpitaux uniquement et sur décision collégiale des médecins. Si, en France, son utilisation reste donc limitée, d'autres pays font résolument le choix de la chloroquine. 

Les Etats-Unis, ardents défenseurs de la chloroquine 

La chloroquine serait un «miracle de Dieu» selon le président américain Donald Trump. Souhaitant généraliser son utilisation à l'ensemble du pays, le président affirme que ce médicament pourrait «vraiment changer la donne». La FDA (Food and Drug Administration, qui gère les mandats d'autorisation de commercialisation des médicaments sur le territoire des Etats-Unis), autorise ainsi depuis le 28 mars l'utilisation de l'hydroxychloroquine dans les hôpitaux américains. Les Etats-Unis annoncent par ailleurs s'être également lancés dans la production d'hydroxychloroquine afin de lutter contre l'épidémie de Covid-19 qui ravage actuellement le pays. Encore dépendante des importations, l'administration Trump est même montée au créneau contre l'Etat indien après sa décision d'interdire les exportations d'hydroxychloroquine. 

L'Inde, premier producteur mondial du médicament 

A l'autre bout du monde, l’hydroxychloroquine est officiellement recommandée par le groupe de travail qui conseille le gouvernement Modi pour deux catégories de population : «Les personnels soignants asymptomatiques amenés à être en contact avec des patients contaminés», ainsi que «les membres asymptomatiques de familles au sein desquelles des contaminations ont été confirmées en laboratoire». L'Inde est par ailleurs le premier producteur de ce médicament. Craignant une explosion de sa demande intérieure, New Delhi avait stoppé les exportations avant de les reprendre brusquement le 7 avril dernier après la menace de sanctions de Donald Trump.

Prudence en Chine 

Si la Chine a été le premier pays à envisager une possible efficacité du traitement à base de chloroquine, elle n'y consacre plus aujourd'hui que 2% de ses essais cliniques. De plus, une étude chinoise publiée le 3 mars dernier n'a pas démontré une efficacité particulière à l'utilisation d'hydroxychloroquine. Aujourd'hui, la Commission nationale de la Santé chinoise limite à 10 jours la durée maximum du traitement en raison de l'éventuelle dangerosité des effets secondaires. 

En Corée du Sud, le tout pour le tout

L'indéniable bonne élève asiatique de la lutte contre l'épidémie mise également sur la chloroquine. Selon les données du site américain ClinicalTrials.gov, qui recense les essais cliniques en cours dans le monde, on constate que la Corée du Sud consacre 100% de ses trois essais cliniques à la chloroquine. 

La Russie aussi

Quant à la Russie, également aux prises avec le coronavirus, ce pays a lui aussi inclus le 8 mars l'hydroxychloroquine, la chloroquine et la méfloquine, un autre antipaludique, dans la liste du ministère de la Santé comprenant les traitements recommandés pour les patients atteints du Covid-19.

En Afrique, ruée vers la chloroquine 

Dans la semaine du 7 avril, le ministre de la Santé du Maroc a demandé la généralisation du traitement, rejoignant ainsi l'Algérie et la Tunisie au rang des pays préconisant l'utilisation du médicament pour tous les malades atteints du Covid-19. Plus au sud, au Sénégal, au Bénin, au Cameroun et au Burkina Faso, les vendeurs de ce médicament, bien connu en Afrique, ont vu la demande exploser, selon une enquête du réseau Anthropologie des Epidémies émergentes publiée sur le site The Conversation. 

La Suède à contre-courant 

Si la majorité des gouvernements semblent unanimes à préconiser un traitement à base de chloroquine contre l'épidémie de Covid-19, ce n'est pas le cas de la Suède. Le pays nordique vient d'annoncer en effet l'arrêt de ses essais cliniques. Dans un communiqué du 2 avril dernier, l'Agence suédoise du médicament a estimé que «les données disponibles actuellement ne permettent pas d’aboutir à des conclusions solides concernant les effets cliniques et l’innocuité de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine dans le traitement de patients atteints du Covid-19».