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Nouvelle arrestation du lanceur d’alerte ayant révélé l’existence de l’arsenal nucléaire israélien

Mordechai Vanunu, l’homme qui a dénoncé l’existence du programme nucléaire israélien pour développer l’arme atomique, a une nouvelle fois été arrêté par la police après avoir donné récemment une interview sur la chaîne israélienne Channel 2.

D’après les informations de Haaretz, l’arrestation s’est produite à cause de la violation des règles de sa libération conditionnelle intervenue en 2004, lors de l’entretien que Mordechai Vanunu a accordé à la chaîne de télévision israélienne Channel 2. Mais la police n’a pas précisé pour autant les violations dont le lanceur d’alerte s’était rendu coupable.

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Les forces de sécurité israéliennes ont également réclamé à la chaîne la version complète de l’interview, injonction à laquelle Channel 2 a refusé de se soumettre invoquant le principe de la protection des sources des journalistes et a porté cette affaire devant la justice.

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Lors de son intervention, le 4 septembre, le lanceur d’alerte a une nouvelle fois demandé aux autorités israéliennes de lever l’interdiction d’aller à l’étranger qui le frappe, soulignant qu’il avait épousé une Norvégienne il y a trois mois et qu’il souhaitait aller vivre avec elle.

Il a en outre accusé l’Etat hébreu d’être particulièrement vindicatif à son égard compte tenu de ses origines marocaines. Le lanceur d’alerte a en outre cité l’exemple d’Ehud Adiv, un juif ashkénaze d'origine européenne reconnu coupable d’espionnage au profit de la Syrie, qui n’a passé que 12 ans en prison, estimant que le traitement réservé à ce dernier par Israël avait été largement plus équitable.

Mordechai Vanunu fait partie d’une communauté minoritaire, les juifs mizrahim qui descendent des communautés juives du Moyen-Orient. Si plusieurs experts pensent que c’était la raison pour laquelle il a été arrêté, tous ne sont pas d’accord. Amir Oren, qui travaille pour le journal israélien Haaretz affirme que toute société a «ses héros et ses criminels» mais que tout le monde doit respecter la loi. 

«Mordechai Vanunu a déclaré qu’il avait été arrêté parce qu’il était oriental, il a dit qu’il était discriminé parce qu’il était d’extraction orientale. Mais cela ne peut pas être le cas. Il s’agit en vérité du fait que quiconque dispose d’une classification «top secret» doit garder ses informations pour lui-même», a-t-il déclaré dans une interview accordée à RT.

 

Le directeur de l’Institut des recherches sur les politiques au Moyen-Orient, Grant Smith, est persuadé que la réaction du gouvernement israélien était prévisible dès le début et que Mordechai Vanunu devait le savoir.

«Tous les journalistes là-bas sont soumis à la censure militaire exercée par l’armée israélienne. En tant qu’ancien employé de l’Etat, il a probablement dû signer des contrats de confidentialité et je veux ajouter que cela ne serait vraisemblablement pas très différent s’il avait essayé de faire la même chose en tant qu’ ancien employé d’un laboratoire national américain, selon la norme de confidentialité WPN136. Des personnes comme James Doyle qui a parlé du programme nucléaire israélien ont également eu des problèmes et ont été virés aux Etats-Unis alors ça ne m’étonne pas vraiment étant donné le degré de secret très élevé entourant les programmes [nucléaires], aux Etats-Unis comme en Israël, qu’on empêche les gens de sortir et de parler», a-t-il précisé. 

Mordechai Vanunu, ancien employé du complexe nucléaire de Dimona, dans le désert du Neguev, avait livré au quotidien britannique Sunday Times en 1986 des détails sur ce site et les recherches sur l’arme nucléaire qui s’y déroulaient. Sans confirmer ni démentir ces informations, Israël l’a accusé en 1988 de trahison et d’espionnage. Libéré en 2004, après 18 ans en prison, le lanceur d’alerte n’a pas le droit de quitter le pays, ni même de parler à des étrangers sans la permission de l’Etat.

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Mordechai Vanunu a fait plusieurs fois appel des restrictions qui le touchent mais la Cour suprême d’Israël a rejeté toutes ses demandes, estimant qu’il «possède toujours des informations classifiées et qu’il n’a pas abandonné son intention de la communiquer».

Pour l’analyste militaire et ancien lanceur d’alerte Daniel Allsberg, ces affirmations ne sont qu’un prétexte. «Chacun des experts du domaine nucléaire dit que ce qu’il savait en tant que le technicien à Dimona en 1986, il y a plus de 20 ans, ne peut guère être important aujourd’hui. C’est seulement un prétexte pour continuer à le punir au-delà de ce à quoi la cour militaire l’avait condamné il y a bien longtemps», a-t-il confié à RT.