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Non-accréditation des journalistes de RT France à l'Elysée : Le Drian évoque «une vision du CSA»

Jean-Yves Le Drian a déclaré qu'une «vision du CSA» était à l'origine du fait que «les journalistes de RT» n'avaient pas accès à certains lieux, tout en estimant que ces derniers exerçaient en France «en toute liberté».

Ce 9 septembre, alors que la conférence de presse commune des ministres français et russes des Affaires étrangères et de la Défense touchait à sa fin, une journaliste s'est adressée au chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, lui demandant quand l'agence Sputnik serait accréditée auprès de l'Elysée. «Je pense que les journalistes de RT exercent en France en toute liberté, ils n'ont pas accès à un certain nombre de lieux en raison d'une vision du Conseil supérieur de l'audiovisuel [CSA] qui avait cité certains manquements [de RT France] à l'information», a répondu le ministre français des Affaires étrangères, sans pour autant revenir en détail sur l'épisode qui avait valu à RT France, le 28 juin 2018, une mise en demeure de l'autorité française de régulation de l'audiovisuel.

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Fait notable, l'accès à l'Elysée ainsi qu'aux infrastructures de LREM avait été refusé, à plusieurs reprises, aux journalistes de RT France, avant sa mise en demeure par le CSA. A titre d'exemple, dès le mois de mai 2017 (pendant la période de campagne présidentielle française), le journaliste RT France Kyrill Kotikov s'était vu refoulé du QG d'Emmanuel Macron, sans aucune explication.

«L'accès est toujours refusé aux journalistes de RT France : à l’Elysée, au ministère des Affaires étrangères, au ministère de la Défense, au ministère de la Justice, aux sièges des partis LaREM, Agir et MoDEM», a pour sa part noté Xenia Fedorova, présidente de RT France.

Le ministre a poursuivi en se faisant force de proposition. En effet, évoquant la déclaration internationale sur l'information et la démocratie de l'ONG internationale Reporters sans frontières, Jean-Yves Le Drian a suggéré que Paris et Moscou poursuivent ensemble «une déclaration qui a beaucoup de force et qui pourrait être validée par beaucoup d'Etats dont la Russie».

«La France respecte totalement ses engagements en matière de liberté d'expression, elle était à l'origine d'initiatives sur la protection des journalistes au conseil de l'Europe et à l'OSCE [Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe]», a par ailleurs déclaré le ministre français.

Une prise de parole après laquelle le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a rapidement réagi. En effet, avant de se lever, le chef de la diplomatie russe a, devant son auditoire, tenu à féliciter les journalistes de RT pour «avoir [officiellement] été qualifiés de journalistes». Loin d'être anodine, cette mise à jour intervient après une longue période marquée par le refus récurrent de l'exécutif français de considérer les journalistes de RT France en tant que tel.

Ce 9 septembre, c'est bel et bien avec la question d'un journaliste de RT France, Thomas Bonnet, qu'a débuté la séance d'échanges entre les ministres et l'auditoire de la conférence.

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