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Ormuz : mis au défi par l'Iran, le Royaume-Uni en appelle aux Européens pour une mission de sécurité

Après l'arraisonnement d'un pétrolier battant pavillon britannique par l'Iran, Londres veut une coopération avec d'autres pays européens afin de mieux peser face à Téhéran. Dans cette confrontation avec l'Iran, le Royaume-Uni paraît affaibli.

Londres a annoncé le 22 juillet vouloir mettre en place une mission de protection avec les Européens dans le Golfe, en réponse à l'arraisonnement par l'Iran d'un pétrolier battant pavillon britannique dans le détroit d'Ormuz.

«Nous allons désormais chercher à mettre en place une mission de protection maritime dirigée par les Européens pour soutenir un passage sûr à la fois pour les équipages et les cargos dans cette région vitale», a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt devant les députés britanniques. Il a ajouté qu'il voulait que cette mission soit opérationnelle «aussi vite que possible», tout en précisant que cette mesure ne faisait «pas partie de la politique des Etats-Unis de pression maximum sur l'Iran». «Nous restons déterminés à préserver l'accord nucléaire iranien», a encore précisé le ministre. Celui-ci s'est entretenu le 21 juillet avec ses homologues français et allemand, avec qui il a convenu que la sécurité du passage des navires dans le détroit d'Ormuz était, selon des propos cités par le Foreign Office, «une priorité absolue pour les pays européens».

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La puissance militaire britannique en question

Les relations entre Téhéran et Washington se sont envenimées depuis le retrait unilatéral américain, en mai 2018, de cet accord international limitant le programme nucléaire iranien conclu en 2015.

En annonçant une présence internationale accrue dans le Golfe, Jeremy Hunt a expliqué qu'il avait pris cette décision «le cœur lourd» et que Londres ne «cherchait pas la confrontation», mais qu'il s'agissait de «protéger la liberté de navigation».

De son côté, le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Rabii, a affirmé le 22 juillet que la saisie du pétrolier était «une mesure légale» nécessaire pour «assurer la sécurité régionale».

Mais cette crise intervient dans un contexte politique très délicat pour les Britanniques, puisque le Premier ministre conservateur Theresa May, qui n'a pas réussi à mettre en œuvre le Brexit, quittera ses fonctions le 24 juillet. L'arraisonnement du Stena Impero, et l'impuissance des Britanniques à le prévenir, a relancé au Royaume-Uni le débat sur sa puissance militaire. «Il ne fait aucun doute que la [réduction] de la taille de la Royal Navy depuis 2005 – passée de 31 frégates et destroyers à 19 aujourd'hui – a eu un impact sur notre capacité à protéger nos intérêts partout dans le monde», a souligné sur la BBC le contre-amiral à la retraite Alex Burton.

Certains s'interrogeaient également sur la pertinence de la saisie du Grace 1 le 11 juillet dernier, une opération qui, selon le ministre espagnol des Affaires étrangères Josep Borrell, aurait eu lieu à «la demande» des Etats-Unis.

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