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Le Québec serre la vis sur la laïcité et l'immigration

L'Assemblée nationale du Québec a adopté deux projets de loi soutenus par le nouveau gouvernement centriste. L'un prévoit l'interdiction des signes religieux pour certains fonctionnaires, l'autre engage une refonte du système d'immigration.

Le 16 juin en fin de soirée, après une journée de débats tendus, les députés de la province francophone canadienne du Québec ont adopté un texte sur la laïcité, qui prévoit d'interdire le port de symboles religieux à plusieurs catégories de fonctionnaires en position d'autorité, dont les policiers, les juges, les avocats, les gardiens de prison et les enseignants. La nouvelle loi ne s'appliquera toutefois qu'aux nouvelles recrues, les fonctionnaires en poste bénéficiant d'un droit acquis.

On donne des droits à tous les Québécois de recevoir des services publics laïcs

Ce projet était le principal engagement de campagne du Premier ministre québécois François Legault, dont le parti, la Coalition avenir Québec (CAQ, centre-droit), est majoritaire à l'Assemblée provinciale. Il est aux antipodes des positions multiculturalistes défendues par le Premier ministre libéral du Canada Justin Trudeau. «On donne des droits à tous les Québécois de recevoir des services publics laïcs», a fait valoir le ministre québécois de l'Immigration et de la Diversité, Simon Jolin-Barrette. 

Le chef par intérim du Parti libéral du Québec (dans l'opposition), Pierre Arcand, a pour sa part déploré «un autre jour triste pour le Québec». «Le Québec sera l'unique endroit en Amérique du Nord où des gens se verront retirer des droits», a-t-il déploré.

Vers une immigration plus sélective, en adéquation avec le marché du travail au Québec

Un peu plus tard dans la nuit du 16 au 17 juin, après une première séance-marathon de 19 heures, les élus ont également approuvé un projet de loi sur l'immigration. Le texte prévoit une réforme de la sélection des candidats, qui sera désormais basée sur l'adéquation des compétences professionnelles avec les besoins de main-d'œuvre du Québec.

En prendre moins, mais en prendre soin

Mais la nouvelle loi va entraîner notamment l'abandon de 18 000 dossiers de candidature en attente de traitement. Ces candidats à l'immigration vont devoir déposer une nouvelle demande dans le cadre du nouveau système. Le gouvernement provincial a promis que les délais de traitement des dossiers pour les travailleurs qualifiés passeraient de 36 à six mois grâce à cette réforme. L'opposition a dénoncé jusqu'au bout un projet de loi selon elle «inhumain», fustigeant l'«incapacité» du gouvernement à justifier l'abandon des dossiers en cours.

Le parti de François Legault a été porté au pouvoir en octobre 2018 avec la promesse de réduire de plus de 20% le nombre d'immigrants et de réfugiés que le Québec accueille chaque année. «En prendre moins, mais en prendre soin», avait-il répété.

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