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«Attaque chimique» à Douma : un journaliste de la BBC dénonce une «mise en scène» à l'hôpital

Un journaliste de la BBC soutient que les images de l'hôpital de Douma filmées après une attaque chimique présumée en avril dernier, et reprises en boucle par les médias du monde entier, n'étaient qu'une «mise en scène» organisée par Jaïch al-Islam.

Il y a presque un an, début avril 2018, les puissances occidentales accusaient Bachar el-Assad d'avoir perpétré une attaque chimique à Douma. Une accusation ne s'appuyant sur aucune preuve concrète à ce jour, mais qui s'est largement fondée sur la diffusion d'une vidéo de scènes de panique dans un hôpital, reprise en boucle par tous les médias.

Or – comme d'autres bien avant lui – le journaliste de la BBC Riam Dalati soutient désormais que ces images n'étaient que le fruit d'une «mise en scène». «Après presque six mois d’enquêtes, je peux prouver sans aucun doute que la scène de l'hôpital de Douma a été mise en scène. Aucun décès n'est survenu à l'hôpital», explique-t-il dans une série de messages sur Twitter.

Si Riam Dalati demeure convaincu qu'une attaque a bien eu lieu, il estime qu'il n'y a jamais eu d'usage de gaz sarin et préfère attendre les conclusions de l'OIAC pour savoir si du chlore a été utilisé. «Mais tout le reste qui est lié à l'attaque a été fabriqué pour renforcer l'effet», poursuit-il dans un message sans équivoque.

Le journaliste note que le groupe terroriste Jaïch al-Islam dirigeait Douma d'«une main de fer» à l'époque, et l'accuse d'être responsable de cette mise en scène. «Ils ont coopté des militants, des médecins et des humanitaires par la peur et l'intimidation. En fait, une des trois ou quatre personnes qui ont filmé la scène était le docteur Abu Bakr Hanan, un médecin "brutal et instable" affilié à Jaïch al-Islam. Le scénario était qu'il "n'y avait pas assez de docteurs", mais lui en était un, qui filmait sans participer au sauvetage».

Cette version des faits rejoint donc, près d'un an plus tard, les vives interrogations émises par Moscou juste après la diffusion de la vidéo, s'appuyant notamment sur les nombreux témoignages d'habitants faisant état d'une mise en scène. Mais ces témoignages n'avaient pas eu les faveurs des médias occidentaux à l'époque. Profitant de la force des images, Washington, Paris et Londres avaient effectués des frappes coordonnées contre des installations du pouvoir syrien dans la nuit du 13 au 14 avril, en représailles à cette présumée attaque chimique.

Le président français Emmanuel Macron avait assuré détenir les «preuves» de l'utilisation d'armes chimiques par le gouvernement syrien, affirmant s'appuyer sur les analyses des services de renseignement français mais aussi sur les images qui avaient fait le tour des réseaux sociaux. Dans un rapport officiel publié le 14 avril et présenté comme constitué sur la base d'informations déclassifiées, les services français expliquaient que pour tirer leurs conclusions, ils avaient «procédé à l’analyse des témoignages, photos et vidéos apparus spontanément sur les sites spécialisés, dans la presse et les réseaux sociaux dans les heures et jours qui ont suivi l’attaque».

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