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Cesare Battisti arrêté en Bolivie, l'Italie attend une extradition rapide

Condamné à perpétuité en 1993 avant de fuir en France, l'ancien militant italien d'extrême gauche Cesare Battisti s'apprête à être expulsé vers l'Italie à bord d'un avion envoyé par Rome. Il avait été capturé en Bolivie.

Cesare Battisti, un ancien activiste d'extrême gauche italien condamné à la prison à perpétuité en Italie pour quatre meurtres, a été capturé en Bolivie le 12 janvier et devrait être rapidement livré à la justice de son pays. 

Cesare Battisti pourrait être expulsé dans les prochaines heures du territoire bolivien, selon une source gouvernementale à La Paz sous couvert d'anonymat. Le fugitif italien «est entré de manière illégale dans le pays, semble-t-il avec des papiers falsifiés», selon cette même source. La Paz a ensuite fait officiellement savoir que Cesare Battisti serait expulsé directement vers l'Italie.

Le gouvernement italien a dépêché le 13 janvier un avion en Bolivie dans l'espoir d'aller immédiatement chercher son ressortissant, qui avait fui voici un mois du Brésil, pays sur le point de l'extrader. 

L'appareil devait atterrir dans le pays sud-américain dans l'après-midi, d'après le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte sur sa page Facebook. Celui-ci a affirmé que les prisons italiennes attendaient Cesare Battisti «non pas à cause de ses idées politiques, mais bien pour les quatre crimes qu'il a commis ainsi que pour divers délits liés à la lutte armée et au terrorisme».

Condamné par contumace à la réclusion à perpétuité pour quatre homicides et complicité de meurtres dans les années 1970 en Italie, Cesare Battisti, aujourd'hui âgé de 64 ans, vivait en exil au Brésil depuis 2004, après avoir passé près de 15 ans en France. Il a toujours clamé son innocence.

Le Brésil de Bolsonaro à la manœuvre 

Les ministères brésiliens de la Justice et des Affaires étrangères sont aussi à la manœuvre afin de livrer le fugitif à l'Italie. Le président du Brésil, Jair Bolsonaro, a félicité sur son compte Twitter «les responsables de la capture du terroriste Cesare Battisti».

En 2010, ce dernier avait bénéficié d'une décision du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, du Parti des travailleurs (PT), qui avait bloqué son extradition vers l'Italie pourtant autorisée par la Cour suprême.

«Enfin, justice sera faite [concernant] l'assassin italien, qui partage les idées d'un des gouvernements les plus corrompus qui aient existé au monde», a commenté dimanche le président Bolsonaro, qui a surfé sur un fort rejet du PT pour remporter la présidentielle haut la main le 28 octobre.

Le 13 décembre, un juge de la Cour suprême du Brésil avait ordonné l'arrestation de Cesare Battisti «en vue d'une extradition». 

L'acte d'extradition avait été signé le lendemain par le président conservateur Michel Temer, auquel Jair Bolsonaro a succédé le 1er janvier.

Mais les autorités brésiliennes l'ont en vain recherché pendant un mois, jusqu'à l'annonce de sa capture en Bolivie. 

Le fils du nouveau président brésilien, le député Eduardo Bolsonaro, a commenté en italien sur Twitter l'arrestation, le tout accompagné d'une photo de Cesare Battisti : «Le Brésil n'est plus une terre de bandits. Matteo Salvini, le "petit cadeau" va arriver». «Ciao Battisti, la gauche pleure», a-t-il écrit dans un autre tweet.

«Un délinquant qui ne mérite pas une vie confortable à la plage», selon Salvini

Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, a remercié dans un communiqué les forces de l'ordre italiennes et étrangères qui ont permis l'arrestation d'«un délinquant qui ne mérite pas une vie confortable à la plage, mais mérite de finir ses jours en prison».

«Ma première pensée va aujourd'hui aux proches des victimes de cet assassin, qui a profité trop longtemps d'une vie qu'il a lâchement prise à d'autres, chouchouté par les gauches de la moitié de la planète. Le pique-nique est fini», a ajouté Matteo Salvini.

Une vidéo réalisée par la police italienne peu avant l'arrestation montre Cesare Battisti déambulant dans la rue, titubant légèrement, méconnaissable derrière des lunettes noires et portant barbe et moustache.

Selon le quotidien italien Corriere della sera, qui a été le premier à annoncer la capture, sa barbe et sa moustache sont factices. 

Son arrestation a été unanimement saluée en Italie, à droite comme à gauche.