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Une chroniqueuse belge suspendue après avoir reproché aux Gilets jaunes de voter Ecolo

Les Gilets jaunes belges sont-ils responsables de la situation qu'ils dénoncent parce qu'ils auraient voté pour les écologistes ? C'est la thèse d'Emmanuelle Praet, dont les propos à l'antenne lui ont valu d'être suspendue par la chaîne RTL.

Le raccourci de la chroniqueuse belge Emmanuelle Praet était risqué. Dans le cadre de l'émission C'est pas tous les jours dimanche du 25 novembre diffusée sur la chaîne privée belge RTL, la polémiste s'en est pris aux Gilets jaunes présents sur le plateau, les accusant de toujours voter «pour les mêmes» en Wallonie. «Aux dernières élections, Ecolo [le parti écologiste de Belgique] a fait un bond [...] Toutes ces taxes que vous avez sont des taxes environnementales, alors, aux prochaines élections, réfléchissez quand même un peu», a-t-elle lancé

Face au tollé suscité par ces propos, notamment chez les écologistes, la chaîne s'est désolidarisée de la chroniqueuse, évoquant une «faute grave». Emmanuelle Praet a été suspendue dans la foulée. «A l'heure des fake news, cela ne peut que contribuer à renforcer la méfiance des citoyens à l'égard des institutions, y compris les médias d'information, chose inacceptable», a déclaré officiellement la direction de RTL

Depuis, l'incident agite les réseaux sociaux en Belgique, certains y voyant une collusion entre la chaîne et le parti Ecolo. Le secrétaire d'Etat belge à l'Asile et la migration Theo Francken s'est invité dans la polémique. «Les coprésidents d’Ecolo [...] ont exigé ce dimanche le licenciement d’Emmanuelle Praet parce qu’elle a affirmé que les gilets jaunes devaient plus réfléchir lorsqu’ils votent, parce que l’augmentation du prix du carburant est une exigence écologique. RTL leur a donné raison en la suspendant», a-t-il fulminé sur Twitter.

Avant même la décision de suspendre la chroniqueuse, Zakhia Khattabi, co-présidente d'Ecolo, avait exigé de RTL un «démenti et une condamnation ferme».

La femme politique a par la suite affirmé ne pas se sentir «concernée» par la décision prise par la chaîne belge, ajoutant : «Je n’ai pas appelé RTL.» Une version confirmée par le média.

Le Premier ministre Charles Michel s’est de son côté ému de la suspension d'Emmanuel Praet. «Merci à ceux qui ont apporté leur soutien public à Emmanuelle Praet. Elle a agi comme chroniqueuse et non comme journaliste. Elle a exprimé une opinion et c’est normal de sa part», a-t-il réagi ce 26 novembre.

Emmanuelle Praet doit s'entretenir dans les jours à venir avec sa direction afin d'évoquer son avenir professionnel.

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