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«Dépassé» sur la question des migrants, Alexis Tsipras en appelle à l'Union européenne

Après des fortes critiques du HCR sur la situation humanitaire des migrants en Grèce, Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, demande l'aide de l'Union européenne pour endiguer une situation catastrophique.

Il n'y a pas qu'en France ou en Italie que la situation des migrants est très préoccupante. La Grèce aussi fait face à un afflux massifs de migrants. Vendredi, Alexis Tsipras a d'ailleurs affirmé qu'il dirigeait actuellement un pays «dépassé» par l'arrivée de réfugiés. «La Grèce est un pays qui subit une crise économique et fait face à une crise humanitaire dans la crise», a estimé le leader de Syriza.

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Cette déclaration du Premier ministre grec fait suite à une visite en Grèce de Vincent Cochetel, responsable de la division Europe du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (HCR). Ce dernier a en effet déclaré que la situation en Grèce était «absolument honteuse», et a enjoint le gouvernement grec à agir en urgence. «En trente ans d'expérience humanitaire je n'ai jamais vu une situation pareille (...) C'est l'Union Européenne et c'est absolument honteux».

De part sa situation géographique - une frontière et une proximité maritime avec la Turquie -, la Grèce est à l'avant-garde dans la lutte contre l'immigration clandestine en Europe. Ainsi, selon Frontex, l'Agence de surveillance des frontières extérieures de l'UE, près de 50 000 migrants auraient débarqué sur les côtes grecques au mois de juillet. Le nombre de clandestins ayant gagné la Grèce en un mois, dépasse le total de réfugiés enregistrés dans le pays l'an passé.

Selon les chiffres de Frontex, neuf migrants sur dix sont d'origine syrienne ou pakistanaise. Les réfugiés accèdent à la Grèce principalement en traversant la Méditerranée depuis la Turquie sur des embarcations de fortune et débarquent en majeure partie sur les îles de Lebos, Chios, Kos et Samos. Depuis le début de l'année, selon les chiffres du HCR, 124 000 réfugiés sont ainsi arrivés de Turquie dans les îles grecques. 

«Dépassée», la Grèce peine à assurer le minimum d'aide humanitaire. Meilleur exemple avec ce camp de réfugiés où vivent depuis plusieurs semaines 600 Afghans, établis dans un parc du centre-ville d'Athènes. Face à cette situation difficile à tenir, Alexis Tsipras a exhorté l'Europe à agir.

Le Premier ministre grec a ainsi estimé ce vendredi, après avoir promis des mesures pour «améliorer les infrastructures d'accueil» que l'Union européenne devait venir en aide à la Grèce. «Nous avons des problèmes significatifs pour y faire face (à cette arrivée massive de réfugiés, ndlr), et c'est pourquoi nous avons demandé de l'aide à l'UE», a-t-il expliqué. «Il est maintenant temps de voir si l'UE est l'Europe de la solidarité ou bien celle où chacun essaie de protéger ses frontières». Une porte-parole de la Commission européenne a, de son côté, expliqué que l'Europe travaillait «beaucoup avec la Grèce pour aider à gérer les migrants» sans pour autant indiquer le montant de l'aide qui serait apportée à la Grèce.

Cet appel du premier ministre grec n'est en tout cas pas le premier en Europe. Comme lui, le Premier ministre Matteo Renzi s'était ému du manque d'aide de l'Union européenne à son pays. «Ou vous êtes solidaires, ou vous ne nous faites pas perdre notre temps» aurait ainsi tempêté le chef du gouvernement italien Matteo Renzi lors d'une réunion à Bruxelles à la fin du mois de juin. Depuis, rien n'a changé.