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A une large majorité, l'ONU condamne Israël pour les violences de Gaza

L'Assemblée générale des Nations unies a adopté le 13 juin à une forte majorité une résolution condamnant Israël pour les violences meurtrières à Gaza et rejeté un texte présenté par les Etats-Unis condamnant le Hamas pour ces mêmes violences.

Par 120 voix sur 193, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté un projet de résolution condamnant Israël pour les violences à Gaza. La France et la Russie font partie des 12 pays européens qui ont voté pour ce texte présenté au vote par l’Algérie, la Turquie et l’Autorité palestinienne.

La résolution déplore le «recours excessif, disproportionné et aveugle à la force par les forces israéliennes» dans les territoires occupés, «tout particulièrement dans la bande de Gaza». Il réclame également la protection des civils palestiniens.

Sans surprise, les Etats-Unis se sont vivement opposés à cette résolution contre laquelle ils ont voté. Washington a d'ailleurs tenté d'introduire un amendement établissant et condamnant la responsabilité du Hamas dans ces mêmes violences – mais celui-ci a été rejeté, n'ayant pas recueilli les deux-tiers des voix nécessaires à son adoption.

Dans sa résolution, l’Assemblée déplore également «les tirs de roquettes qui ont été effectués depuis la bande de Gaza contre des zones civiles israéliennes». Outre Israël et les Etats-Unis, six autres pays ont voté contre la résolution : l'Australie, les Îles Marshall, les Îles Salomon, la Micronésie, Nauru et le Togo. Par ailleurs, 45 pays se sont abstenus.

Adoptée lors d’une «session extraordinaire d’urgence», la résolution déplore notamment «l’utilisation de balles réelles contre des manifestants civils, y compris des enfants, ainsi que contre le personnel médical et les journalistes».

Plus de 120 civils palestiniens dont des femmes, des enfants, des journalistes, ou encore du personnel médical ont été tués par l'armée israélienne lors de manifestations le long de la frontière avec la bande Gaza. Les manifestants réclamaient le droit au retour des Palestiniens sur leurs terres confisquées par Israël et l'arrêt du sévère blocus que l'Etat hébreu impose à Gaza depuis 2007.

Dans sa résolution, l’Assemblée exige «d’Israël, puissance occupante, qu’il s’abstienne de tels actes» et qu’il applique la quatrième Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, du 12 août 1949. Le texte demande également au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, de présenter des propositions visant à garantir la sécurité, la protection et le bien-être de la population civile palestinienne se trouvant sous occupation israélienne. Ces propositions pourraient aller d'une mission d'observation à une véritable force de maintien de la paix : mais chacune de ces options devrait nécessairement être approuvée par le Conseil de sécurité, où les Etats-Unis ont un droit de veto qu'ils utilisent systématiquement dès qu'a lieu un vote qu'ils jugent hostile à Israël.

Contrairement à celles du Conseil de sécurité, les résolutions de l'Assemblée générale ne sont pas contraignantes et il n'y a pas de veto. L'Assemblée générale de l'ONU avait déjà rejeté par un vote en décembre, la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël et d'y transférer l'ambassade de son pays.

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