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OIAC : la Russie présente des témoins affirmant que l'attaque de Douma était une mise en scène

A La Haye, lors d'une conférence de presse organisée par la mission russe de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, Moscou a présenté des témoins syriens de l'attaque chimique présumée de Douma, prétexte à des frappes occidentales.

La mission permanente russe auprès de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a convoqué le 26 avril à La Haye, aux Pays-Bas, une conférence de presse afin de présenter le récit de Syriens, témoins de l'attaque chimique présumée de Douma du 7 avril. 

C'est notamment le cas du petit Hassan Diab, 11 ans, qui apparaît dans la vidéo prise après l'attaque présumée et diffusée notamment par le groupe activiste Douma Revolution ou encore par l'organisation controversée des Casques blancs. «Nous étions au sous-sol et nous avons entendu des gens crier qu'il fallait aller à l'hôpital. Nous sommes passés par un tunnel. A l'hôpital, ils ont commencé à m'asperger d'eau», raconte-t-il ce 26 avril.

Après la diffusion des images, Hassan et sa famille avaient confié à la presse, dont RT, que le petit garçon syrien s'était vu ordonner de se rendre à l'hôpital par des hommes affirmant qu'une attaque chimique avait eu lieu.

Des inconnus filmaient la scène de chaos. Aucun civil n'a été victime d'une exposition à un produit chimique

Mais Hassan n'était pas le seul témoin direct présenté par la Russie ce 26 avril. Ahmed Kashoi, un responsable des urgences, également présent, raconte : «Il y avait des personnes que l'on ne connaissait pas, et qui filmaient dans le service. Ils filmaient la scène de chaos et ils filmaient les personnes qui étaient arrosées d'eau», se rappelle-t-il. Et de poursuivre : «Cela a duré une heure, nous sommes venus en aide [aux civils] puis nous les avons renvoyés chez eux. Aucun n'a été victime d'une exposition à un agent chimique.»

Un autre témoin travaillant au service de réanimation de l'hôpital de Douma, nommé Halil al-Jaïch, a confirmé que certains patients étaient victimes de difficultés respiratoires. Mais, d'après son témoignage, ces symptômes n'étaient pas dus à l'exposition à un produit chimique, mais à la poussière générée par des frappes aériennes classiques, survenues à Douma au même moment, le 7 avril.

Opération occidentale sous faux drapeau ? La Russie maintient ses accusations

S'exprimant à son tour l'ambassadeur russe auprès de l'OIAC n'a pas mâché ses mots. «Juste après le 7 avril, la grande machine propagandiste du trio occidental est entrée en action», a-t-il dénoncé, évoquant un processus identique à celui qui avait mené à des frappes américaines sur la Syrie après l'attaque chimique supposée de Khan Cheikoun le 4 avril 2017.

Le 13 avril dernier, à la veille de la frappe conjointe des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni, Moscou avait affirmé détenir plusieurs preuves et témoignages infirmant la thèse d'une attaque chimique menée par Damas le 7 avril.

Ce même 13 avril, face aux accusations occidentales contre Damas, le porte-parole du ministre de la Défense russe Igor Konachenkov avait affirmé, lors d'un briefing, avoir des preuves de l'implication du Royaume-Uni, ainsi que de plusieurs pays occidentaux. Le ministère russe a en outre évoqué une «provocation» et une «mise en scène». «On sait que des pressions ont été exercées le 6 avril sur les fameux Casques blancs [financés notamment par Londres] avec pour prétexte une attaque chimique», a déclaré Igor Konachenkov, porte-parole du ministère.

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