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Poutine et Macron conviennent que l'accord sur le nucléaire iranien doit être maintenu

Les présidents français et russe ont confirmé la similarité de leurs vues sur l'accord nucléaire iranien, que Washington entend remettre en cause. Emmanuel Macron doit justement discuter de ce sujet avec Donald Trump, lors de sa visite à Washington.

Attendu aux Etats-Unis pour une visite d'Etat, le président de la République Emmanuel Macron a pris le temps de passer un coup de téléphone, ce 23 avril, à son homologue russe concernant l'accord sur le nucléaire iranien. D'après un communiqué du Kremlin cité par l'agence Interfax, les deux chefs d'Etat se sont mis d'accord pour œuvrer afin que l'accord sur le nucléaire iranien soit maintenu en l'état.

Malgré de très bonnes relations personnelles entre Emmanuel Macron et Donald Trump, les sujets qui fâchent ne manquent pas entre Paris et Washington. Parmi eux, l'accord sur le nucléaire iranien. Qualifiant celui-ci de «pire qui soit», Donald Trump a par le passé menacé de le «déchirer» s'il n'était pas durci pour obliger Téhéran à limiter son programme balistique et son influence dans la région.

Au risque de brouiller la lisibilité de sa politique à l'égard du programme nucléaire iranien, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait fait état début mars 2018 de sa préoccupation au sujet de l'arsenal militaire iranien. «Nous considérons que les ambitions capacitaires en matière de missiles balistiques de l'Iran sont très préoccupantes et contraires à la résolution 2231 des Nations unies», avait-il déclaré, ajoutant : «Je vais aller faire savoir cette position aux autorités iraniennes lundi prochain [5 mars 2018].»

Mais Téhéran lui avait opposé une fin de non-recevoir. «L'Iran est un pays indépendant et peut se défendre comme bon lui semble avec des missiles ou tout autre moyen de défense», avait prévenu, le 3 mars, Ali Akbar Velayati, proche conseiller de l'ayatollah Ali Khamenei au média public iranien Press TV.

Mise en garde de la part de la Chine et de la Russie

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a enfoncé le clou ce même 23 avril, alors que le président français entame une visite d'Etat d'une durée de trois jours, la première pour Donald Trump.

Il y a des tentatives pour interférer avec l'ordre international

Le ministre russe a annoncé que la Chine et la Russie bloqueraient toute tentative de «saboter» l'accord nucléaire conclu par les grandes puissances avec Téhéran pour l'empêcher de se doter de l'arme atomique en 2015. «Il y a des tentatives pour interférer avec l'ordre international dont dépendent les Nations unies», a-t-il déclaré à l'issue d'une entrevue à Pékin avec son homologue chinois Wang Yi. «[C'est] l'une des plus grandes réalisations de la diplomatie internationale ces dernières années [et] toute révision de ce document est inacceptable», a martelé le ministre russe. Et d'ajouter : «Nous disons clairement, de concert avec la Chine, que nous bloquerons toutes les tentatives de saboter ces accords qui ont été approuvés [dans le cadre] d'une résolution de l'ONU.»

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