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Londres : un sympathisant de Daesh a tenté de lever une armée d'enfants djihadistes dans une mosquée

Un enseignant d'études islamiques dans une mosquée et une école de Londres a tenté de lever une «armée d'enfants», selon la police. Il montrait à ses élèves des vidéos de propagande et leur faisant reconstituer des attaques sur des policiers.

Dans l'intimité de la mosquée de Ripple Road dans l'est de Londres, ainsi que dans l'école islamique privée Lantern of Knowledge, Umar Haque, 25 ans, s'attelait à radicaliser des enfants. L'homme qui se présente comme en enseignant bien qu'il n'en ait pas les qualifications supervisait des classes d'enfants âgés de 11 à 14 ans durant lesquelles il faisait de la propagande djihadiste, selon des informations rapportées par leGuardian.

Durant ses «cours», Umar Haque, qui avait confié à ses élèves être en contact avec le groupe terroriste Daesh, avait notamment mis en place des jeux de rôles. Incarnant policiers et agresseurs, les élèves devaient rejouer des attaques sur les forces de l'ordre perpétrées par des terroristes. Les sessions comportaient également des démonstrations sur la méthode à employer pour décapiter un homme. Le djihadiste poussait en outre les élèves à s'entraîner physiquement en leur faisant faire des pompes, de la course à pied et en les faisant se battre entre eux.

Umar Haque n'hésitait pas non plus à montrer aux enfants de nombreuses vidéos des exactions commises par les terroristes au Moyen-Orient : décapitation, personnes jetées du haut d'un immeuble, ou encore l'exhumation du corps d'un enfant.

«Son plan était de lever une armée d'enfants pour commettre des attaques dans Londres», a révélé le responsable du contre-terrorisme de Scotland Yard, Dean Haydon, cité par le Guardian. «Il avait ordonné aux enfants de ne rien dire concernant ces activités, ni à leurs enseignants ni à leurs parents. Nous étions confrontés à un mur de silence», a-t-il encore confié. La police estime que Umar Haque a tenté de radicaliser au moins 110 enfants.

Jugé par un tribunal londonien, il a été condamné le 2 mars pour d'autres faits de terrorisme, notamment pour avoir fomenté des attentats contre des sites emblématiques tels que Big Ben et l'aéroport d'Heathrow. Au cours de son procès, il a notamment admis avoir diffusé des vidéos de propagande djihadiste en classe pour ses élèves.

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