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Moscou accuse Washington de bloquer l'aide humanitaire dans une région «de facto occupée» en Syrie

Alors que Washington maintient la présence de ses troupes dans la région d'al-Tanf, en Syrie, un camp de réfugiés se voit privé d'aide humanitaire. Moscou dénonce une «occupation» de la zone et demande la levée des restrictions d'accès à la zone.

Le 12 janvier, le ministère russe des Affaires étrangères a exigé que toutes les restrictions à l'accès des convois humanitaires au camp de réfugiés syrien de Rukban, situé dans la région d'al-Tanf, soient levées. Moscou a souligné «la nécessité de respecter la souveraineté, l'intégrité territoriale et l'indépendance de la Syrie», afin de permettre l'application du droit humanitaire international et l'acheminement des biens de première nécessité sur place.

Situé dans la région d'al-Tanf, dont la diplomatie russe a estimé qu'elle était «de facto occupée par les forces armées américaines», le camp de réfugiés de Rukban échappe au contrôle du gouvernement syrien – une situation condamnée par la Russie. «L'entraînement de combattants armés issus de groupes illégaux se poursuit dans les positions tenues par les Etats-Unis dans la région», a souligné le ministère dans un communiqué.

Par le passé, le ministère russe de la Défense avait déjà accusé l'armée américaine d'entraîner des combattants dans la région d'al-Tanf, y compris des djihadistes de l'Etat islamique. Moscou avait en outre fait part de ses préoccupations après avoir constaté que plusieurs attaques avaient été conduites par ces derniers depuis cette zone. 

Environ 60 000 réfugiés syriens vivent actuellement dans des conditions extrêmement précaires à l'intérieur du camp de Rukban. Manque de nourriture, de dispositifs sanitaires ou d'aide médicale... Un premier convoi humanitaire arrivé de Jordanie avait déjà pu accéder au camp le 8 janvier dernier, mais la «frontière» érigée par les Etats-Unis demeure «hermétiquement close», selon Moscou, empêchant ainsi les convois des Nations unies d'accéder au camp.

L'armée américaine «porte l'entière responsabilité» de la situation humanitaire dans la région d'al-Tanf aux yeux de Moscou. De son côté, Washington assure que ses troupes ne maintiennent leur présence sur les lieux que pour combattre le terrorisme. Une affirmation jugée «non-convaincante» par la Russie.

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