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Pressions américaines sur RT : «Nous devrons absolument riposter», déclare Vladimir Poutine

Le président russe a déclaré que Moscou allait recourir à des mesures de réciprocité en réponse aux restrictions américaines imposées à certains médias russes, qu'il considère comme une «attaque contre la liberté d'expression».

«L'attaque contre nos médias est une attaque contre la liberté d'expression, sans l'ombre d'un doute», a déclaré Vladimir Poutine en marge du sommet de l'APEC à Da Nang au Vietnam le 11 novembre. Une référence aux pressions subies par RT aux Etats-Unis.

Nous devrons absolument riposter, et ce sera une riposte similaire

Le président russe a expliqué que Moscou allait y répondre en prenant des mesure proportionnelles et réciproques : «Nous devrons absolument riposter, et ce sera une riposte similaire.»

Vladimir Poutine s'est par ailleurs montré très critique envers les méthodes employées par Washington, estimant que le traitement de l’actualité par les médias russes ne pouvait être contesté qu'en lui opposant un autre traitement de l'actualité, et non en fermant ces médias ou en faisant en sorte de les empêcher de travailler.

Pas d'ingérence dans la présidentielle américaine, répète Vladimir Poutine

Les autorités américaines ont accusé à de nombreuses reprises la chaîne RT et l'agence de presse Sputnik, des médias publics russes, de relayer «la propagande du Kremlin» et d'avoir tenté d'influer sur la campagne de l'élection présidentielle de 2016. Se basant sur ces accusations, Washington a annoncé le 9 novembre que la société responsable de la diffusion de la chaîne RT aux Etats-Unis avait jusqu'au 13 novembre pour s'enregistrer comme «agent étranger» auprès de l'administration américaine – une première pour un média.

De manière plus générale, début octobre, l'Union des journalistes russes s'était dite très préoccupée par les pressions exercées par les Etats-Unis sur les médias russes. «Des mesures sans précédent menées par les autorités américaines vis-à-vis de nos médias, l'obstruction constante de l'activité des journalistes, les pressions économiques, tout cela s'apparente clairement à une véritable "chasse aux sorcières"», avait déclaré le syndicat. 

Le 11 novembre au Vietnam, le président russe a tenu à rappeler que les accusations d'ingérence des médias russes dans la présidentielle américaine ne reposaient sur rien de concret. «Je veux attirer l'attention sur le fait qu'il n'y a pas – et qu'il ne peut pas y avoir – de confirmation que la Russie a fait preuve d'ingérence dans la présidentielle [américaine]», a-t-il en effet souligné.

Le même jour, le président des Etats-Unis a d'ailleurs fait savoir que son homologue russe lui avait rapporté des propos semblables : «Il m'a dit qu'il ne s'était absolument pas mêlé de notre élection», a déclaré Donald Trump à des journalistes à bord d'Air Force One, lors de son trajet entre Da Nang et Hanoï. «Je pense qu'il se sent très insulté par [ces accusations]», a-t-il ajouté.

Le maître du Kremlin a également déclaré, à Da Nang, que les «mesures de réciprocité» contre des médias américains étaient déjà envisagées. Le président de la Douma [la chambre basse du Parlement russe], Viatcheslav Volodine, a en effet déclaré le 10 novembre vouloir «imposer les mêmes limitations que les Américains essayent d'imposer aux médias russes», à savoir les contraindre à s'enregistrer en tant qu'«agent étranger».