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Lieberman demande la grâce du soldat coupable d'avoir tiré une balle dans la tête d'un Palestinien

Le ministre de la Défense israélien a plaidé en faveur de la grâce d'Elor Azaria, le soldat franco-israélien qui avait été filmé en mars 2016 en train d'achever d'une balle dans la tête un Palestinien blessé au sol après une attaque au couteau.

Le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a recommandé le 5 novembre au président Reuven Rivlin d'accepter la demande de grâce d'Elor Azaria, le soldat franco-israélien condamné à 18 mois de prison en février pour avoir achevé un assaillant palestinien blessé et étendu sur le sol. La vidéo de ce que certains considèrent comme une exécution sommaire avait provoqué un vaste émoi dans le pays. La peine, jugée insuffisante par certains, avait par ailleurs profondément divisé la société israélienne, une partie de la population et des personnalités politiques de droite considérant au contraire le soldat comme un héros n'ayant fait qu'accomplir son devoir. La réduction de sa peine de 4 mois en septembre avait de nouveau ravivé le débat. 

Avigdor Lieberman, dont les déclarations au vitriol notamment contre les Arabes ont fait scandale dans le passé, a justifié ce soutien par la nécessité de «mettre un terme à cette affaire» et a appelé à la pitié envers le soldat, qui a fait son entrée en prison en présence de nombreuses caméras le 9 août après le rejet de sa demande d'appel. Ce soutien s'ajoute à celui du Premier ministre Benjamin Netanyahou, qui s'était déjà exprimé en faveur de la grâce. De son côté, le président israélien, actuellement en déplacement, a fait savoir qu'il se prononcerait à son retour. 

Le jeune homme n'a jamais exprimé le moindre remord pour son geste, qu'il a justifié en expliquant craindre que le palestinien au sol, qui venait de les attaquer au couteau, ne dissimule une ceinture d'explosifs sous ses vêtements. A l'international, sa peine a été critiquée par le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme dès février, la considérant comme insuffisante et «inacceptable», comme par l'ONG Amnesty International qui a décrit une condamnation qui «ne reflète pas la gravité» du geste du soldat. 

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