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Puigdemont appelle «à s'opposer démocratiquement» à la mise sous tutelle de la Catalogne

Au lendemain du vote par le Sénat espagnol de la suspension de l'autonomie de la Catalogne, le président catalan Carles Puigdemont, officiellement destitué par Madrid, a appelé à s'opposer à l'application de l'article 155 de manière pacifique.

«Nous devons continuer à agir sans violence, sans insulte», a déclaré Carles Puigdemont, lors d'une allocation télévisée le 28 octobre, en début d'après-midi. Celui qui est désormais officiellement destitué de son poste de président catalan, a plus spécifiquement appelé «à s'opposer démocratiquement» à la mise sous tutelle de la Catalogne provoquée par la mise en application de l'article 155 de la Constitution espagnole et «à œuvrer pour construire un pays libre».

Le parlement catalan a déclaré le 27 octobre l'indépendance de la région, peu avant que le Sénat espagnol n'approuve la suspension de l'autonomie qui était dévolue à la Catalogne, ainsi que la destitution du gouvernement catalan. Plus tard dans la journée, à l'issue d'un conseil des ministres extraordinaire, le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a destitué Carles Puigdemont, ainsi que le gouvernement de Catalogne.

Autant de décisions «contraires à la volonté des citoyens de notre pays exprimée dans les urnes», a assuré le 28 octobre Carles Puigdemont, faisant référence au référendum catalan du 1er octobre, interdit par Madrid, lors duquel 90% des votants se sont exprimés en faveur de l’indépendance de la Catalogne, avec un taux de participation de 43%. «[Les Catalans] savent parfaitement que dans une société démocratique, c'est le parlement qui [...] démet le président», a-t-il souligné.

Par ailleurs, le parquet général espagnol prévoit d'engager prochainement une procédure judiciaire contre Carles Puigdemont, pour «rébellion». Ce délit peut déboucher sur une peine de prison allant jusqu'à 30 ans.

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