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Excès de zèle : un écrivain saoudien renvoyé de son journal pour avoir comparé le roi Salmane à Dieu

Décrivant le roi Salmane d'Arabie saoudite en des termes qui, dans le Coran, sont réservés à Dieu, l'écrivain Ramadan al-Anzi pensait bien faire. Mais le souverain a été choqué par cet éloge excessif et l'auteur a été licencié par sa rédaction.

Alors que certains journalistes français n'hésitent pas à comparer Emmanuel Macron au dieu Jupiter, un écrivain saoudien a tenté d'établir un parallèle entre le roi Salmane et Dieu – un éloge bien intentionné mais qui, pour les autorités du royaume, confine au blasphème.

L'auteur Ramadan al-Anzi, dans un dithyrambe paru dans les colonnes du quotidien saoudien Al Jazirah, a qualifié le souverain âgé de 81 ans de «halim» (miséricordieux) et de «shadid al-iqab» (dur en châtiment). Des termes qui, en arabe coranique, ne s'appliquent normalement qu'à Dieu.

Confinant au blasphème, l'apologue de Ramadan al-Anzi a fait l'objet de nombreuses plaintes, le roi Salmane ayant lui-même pris ombrage de cette comparaison, jugée excessive. Selon The Gulf News, quotidien anglophone de Dubaï, le souverain aurait adressé un courrier au ministre de la Culture et de l'information pour se plaindre. Conséquence de cet impair : la direction du journal Al Jazirah a finalement pris la décision de suspendre l'auteur de ses fonctions. 

Al Jazirah a publié une lettre d'excuses ainsi qu'un éditorial pour expliquer sa décision. «Ce texte est embarrassant et nous ne pouvons accepter ou tolérer une telle démarche», peut-on lire. Se disant «conscients du danger qu'il y aurait à se montrer indulgent» envers l'écrivain Ramadan al-Anzi, les dirigeants du quotidien ont assumé la responsabilité de son renvoi.

L'Arabie saoudite est une monarchie absolue musulmane, lointaine héritière de l'alliance, en 1744, entre le prédicateur rigoriste Mohammed ben Abdelwahhab, fondateur du mouvement wahhabite, et de Mohammed Ibn Saoud, fondateur de la dynastie encore régnante. Cette réunion du pouvoir temporel et spirituel continue d'habiter l'Etat saoudien, qui entend développer son influence religieuse dans le monde musulman tout en accroissant son influence géopolitique et financière.

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