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Entre impatience et inquiétude sur le Brexit, l'Europe réagit aux législatives britanniques

Les dirigeants européens réagissent au revers électoral des conservateurs en Grande-Bretagne, montrant à la fois leur hâte que commencent enfin les négociations sur le Brexit, et leur inquiétude en raison de la faiblesse du nouveau gouvernement.

Le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier, a affirmé le 9 juin que Bruxelles attendrait que le Royaume-Uni soit «prêt» avant de débuter les négociations, les élections législatives ayant vu les conservateurs de Theresa May perdre leur majorité absolue au Parlement.

«Les négociations sur le Brexit devraient débuter quand le Royaume-Uni sera prêt ; le calendrier et les positions de l'UE sont claires. Unissons nos efforts pour conclure un accord», a tweeté Michel Barnier, qui avait dit espérer débuter les discussions la semaine du 19 juin.

«Nous ne savons pas quand les discussions sur le Brexit commenceront. Nous savons quand elles doivent s'achever. Faites le maximum pour éviter un "no deal" (une absence d'accord)», a tweeté le président du Conseil européen Donald Tusk.

«Nous avons besoin d'un gouvernement capable d'agir, qui peut négocier la sortie de la Grande-Bretagne», a déclaré le commissaire européen au Budget Günther Oettinger. Un gouvernement britannique faible pose le risque «que les négociations soient mauvaises pour les deux parties», a-t-il ajouté.

Sur Europe 1, Pierre Moscovici, autre commissaire européen, a expliqué  que Theresa May, «qui devait être confortée», avait perdu son pari, et était donc dans une situation moins simple pour négocier le Brexit.

Edouard Philippe a lui jugé que les résultats du vote constituaient «une forme de surprise», mais ne remettaient pas «en cause en quoi que ce soit» la position des Britanniques sur le Brexit.

Le ministre des Affaires étrangères suédoise Margot Wallström a expliqué avoir «hâte de voir un nouveau gouvernement s'installer». «Reste à voir quelle incidence aura le résultat des élections sur les négociations du Brexit. Il est essentiel que la séparation soit aussi ordonnée que possible», a-t-elle ajouté.

Pour le ministre tchèque des Affaires étrangères, Lubomir Zaoralek, «il doit être possible de former un gouvernement majoritaire rapidement, pour passer enfin aux négociations sur la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE, après tous ces reports. Le reste de l'UE attend la Grande-Bretagne depuis un an pour diverses raisons».

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte s'est demandé «ce que cette nouvelle donne [allait] signifier pour le Brexit». «Pour cela, il faut attendre», a-t-il ajouté. 


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