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Corée du Nord : échec d'un nouvel essai de missile

La Corée du Nord a procédé à un tir de missile balistique, tir soldé par un échec, en riposte apparente à un appel solennel des Etats-Unis à l'ONU à contrecarrer la «menace nucléaire» de Pyongyang par un renforcement des sanctions internationales.

Quelques heures après une réunion exceptionnelle du Conseil de sécurité, le ministère sud-coréen de la Défense a fait savoir que la Corée du Nord avait tiré un type de missile balistique non identifié depuis un site au nord de Pyongyang.

«Nous soupçonnons que cet essai a été un échec», peut-on encore lire dans le communiqué, en précisant que le missile n'avait volé que quelques minutes, vers le nord-est, et avait seulement atteint l'altitude de 71 kilomètres. Le commandement américain pour le Pacifique (Pacom) a confirmé un tir de missile qui n'avait pas quitté le territoire nord-coréen.

Le président Donald Trump a aussitôt accusé Pyongyang d'avoir «manqué de respect» à la Chine, son principal allié. «Mauvais !», a tweeté le locataire de la Maison Blanche.

De son côté le Japon a protesté formellement auprès de Pyongyang, après avoir réuni son Conseil de sécurité nationale.

«Pressions»

Quelques heures avant le tir raté, le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a exhorté ses partenaires à contrer une «menace nucléaire» nord-coréenne qui aurait des «conséquences catastrophiques». 

«Ne pas agir maintenant sur la question sécuritaire la plus urgente dans le monde pourrait avoir des conséquences catastrophiques», a-t-il mis en garde.

Signe de cette urgence pour les Etats-Unis, dont les territoires de Hawaï ou de la côte nord-ouest pourraient être à portée de missiles nord-coréens, le secrétaire d'Etat a affirmé que «la menace d'une attaque nucléaire nord-coréenne sur Séoul ou Tokyo était réelle», voire que Pyongyang pourrait un jour «frapper les Etats-Unis».

Rex Tillerson a notamment réclamé que la communauté internationale «impose davantage de pressions diplomatiques et économiques sur le régime nord-coréen», notamment en renforçant les sanctions économiques et par des ruptures de relations diplomatiques. Selon lui, c'est donc d'abord vers la Chine, alliée de la Corée du Nord, qui devait calmer Pyongyang.

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«La Chine représente 90% des échanges commerciaux nord-coréens, la Chine a un levier économique sur Pyongyang qui est unique et son rôle est particulièrement important», a pressé Rex Tillerson, en présence de son homologue chinois Wang Yi qu'il a vu ensuite en tête-à-tête. L'Américain a dit attendre des actions supplémentaires de Pékin. Le Chinois lui a répondu que son pays appliquait scrupuleusement toutes les sanctions de l'ONU.

Vantant les vertus du dialogue en vue de la «dénucléarisation de la péninsule», Wang Yi a mis en garde contre les risques de «chaos» et de «plus grandes catastrophes» en cas de recours à la force.

Il a aussi remis en avant une proposition chinoise d'un gel des programmes nucléaire et balistique nord-coréens, en échange d'un arrêt des exercices militaires entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, liés par un traité d'alliance depuis la Guerre de Corée (1950-53). Pour le ministre chinois, cette proposition est «sensée et raisonnable», mais les Etats-Unis l'ont plusieurs fois rejetée.

Rex Tillerson a aussi promis que les Etats-Unis «ne cherchaient pas un changement de régime [...] ni quelque prétexte pour une réunification accélérée [des deux Corées]».

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