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Les réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima inaccessibles aux humains comme aux robots

Six ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, les responsables chargés de la décontamination de la centrale nucléaire sont toujours confrontés à un niveau de radiation extrêmement élevé... au point de voir leurs robots en «mourir».

«Nous devrions réfléchir en dehors des sentiers battus, afin de pouvoir examiner le fond du cœur [du réacteur nucléaire] et la manière dont les débris de combustible [radioactif] fondu ont pu s'étaler», a déclaré le 2 mars Naohiro Masuda, président de Fukushima Daiichi Decommissioning. 

La Tokyo Electric Power Company (Tepco), qui supervise la gestion du site, cherche toujours à déterminer l'emplacement exact du combustible radioactif fondu et constater les dommages infligés aux structures de trois réacteurs lorsque près de 600 tonnes de combustible toxique s'étaient déversées en dehors de plusieurs réacteurs nucléaires durant l'incident de la centrale en 2011.

A Fukushima, les niveaux de radiation sont en effet si élevés qu'aucun être humain ne pourrait y survivre. Les ingénieurs tentent par conséquent d'utiliser des robots «Scorpions» équipées de caméras afin d'examiner l'ampleur des dommages. Mais l'entreprise japonaise chargée de nettoyer le site de Fukushima a reconnu que les tentatives d'examen du site à l'aide de robots avaient échoué à plusieurs reprises à cause du niveau très élevé de radiation. 

La dernière tentative a par exemple échoué après qu'un robot conçu par l'entreprise Toshiba pour résister aux radiations est «mort» cinq fois plus rapidement que prévu. Ce robot devait être capable de faire face à 73 sieverts de radiation, mais le niveau présent à l'intérieur du réacteur a été récemment estimé à 530 sieverts.

Le sievert est l'unité de mesure utilisée pour évaluer quantitativement l'impact biologique d'une exposition humaine à la radioactivité. A titre d'exemple, et selon le National Institute of Radiological Sciences, une dose de 0,1 sievert suffit pour augmenter de manière significative les risques de cancer chez l'homme, et une dose de 10 sieverts tue un individu en trois semaines.

Le mois dernier, alors que deux missions de nettoyage du réacteur n°2 à l'aide de robots avaient auparavant échoué, une mission similaire a également été interrompue, les radiations ayant provoqué la «défaillance» du robot.

La centrale nucléaire Fukushima Daiichi est tombée en panne et a connu un défaut de ses systèmes de refroidissement en mars 2011 suite à séisme et un tsunami. Trois de ses six réacteurs ont été touchés, ce qui fait de la catastrophe nucléaire de Fukushima, la pire depuis celle qu'avait connue Tchernobyl, en Ukraine, en 1986.

Près de 100 000 personnes vivant près de la centrale nucléaire avaient dû fuir leurs habitations après la catastrophe de Fukushima. Le processus de décontamination du site irradié pourrait prendre des décennies et coûter des dizaines de milliards de dollars.

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