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L'attentat dans le nord du Mali est une punition pour la coopération avec la France, annonce Aqmi

Le groupe islamiste Al Mourabitoun, lié à la filiale nord-africaine d'al-Qaïda, a revendiqué un attentat suicide au Mali qui a fait au moins 47 morts et plus de 100 blessés, le 18 janvier, selon l'agence de presse mauritanienne Alajbar.

Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a déclaré le 18 janvier que l'attentat suicide qui a tué 47 personnes à Gao, dans le nord du Mali était une punition pour les groupes qui coopéraient avec la France, selon une traduction publiée par le SITE Intelligence Group.

«Le bilan provisoire est de 47 morts, dont cinq kamikazes, et plusieurs dizaines de blessés», a annoncé le gouvernement dans un communiqué. 

Une source militaire malienne a de son côté fait état à l'AFP d'un bilan de 53 tués et 110 blessés, sans indication sur le nombre d'assaillants parmi les morts.

La Mission de l'ONU au Mali (Minusma) a évoqué «des dizaines de morts», ainsi que des «dizaines de blessés», précisant que le camp abritait 600 combattants.

La déclaration a confirmé que l'attaque avait été menée par le groupe al Mourabitoun, un allié de la filiale nord-africaine d'Al Qaïda et a divulgué le nom de l'auteur de la tuerie comme étant Abdul Hadi al-Fulani. Les médias maliens avaient précédemment indiqué qu'il y avait en tout cinq terroristes impliqués.

Le groupe Al Mourabitoun, dirigé par le vétéran djihadiste Mokhtar Belmokhtar, a mené un certain nombre d'attaques de grande envergure contre des cibles militaires et civiles au Mali et dans d'autres pays d'Afrique de l'Ouest. 

Les combattants, appartenant à la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante touareg) ou à des groupes armés pro-gouvernementaux, se préparaient pour des patrouilles prévues par l'accord de paix signé en mai-juin 2015 entre Bamako et ces différents groupes armés.

Ces patrouilles, auxquelles doivent également se joindre des militaires maliens, sont censées préfigurer la refonte d'une armée malienne unitaire.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé un deuil national de trois jours à la suite de cet attentat, le plus meurtrier de l'histoire récente du Mali, et son ministre de la Défense, Abdoulaye Idrissa Maïga, était attendu sur place.

Selon une source militaire au sein de la Minusma, «le kamikaze est arrivé dans un véhicule et s'est fait exploser» vers 8h40 GMT. Les combattants des différents groupes «devaient bientôt commencer une patrouille mixte», a souligné cette source.