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15 ans du camp de Guantanamo : retour sur l'histoire du tristement célèbre «camp de torture»

Malgré les promesses solennelles de Barack Obama de procéder à sa fermeture, le camp tristement célèbre est toujours ouvert. RT revient sur l'histoire de ce centre d'incarcération et celle de sa population.

Le camp de détention de Guantanamo a ouvert ses cellules à des terroristes présumés il y a 15 ans, le 11 janvier 2002. Tortures, détentions illégales et grèves de la faim ont dès le début entaché ce centre de détention américain.

A ce jour, ce camp reste malgré tout ouvert. Les promesses de fermeture du président Barack Obama sont restées lettre morte, alors que le président élu Donald Trump a tweeté plus tôt ce mois, qu'il estimait que personne ne devait plus être libéré de Guantanamo.

Près de 800 prisonniers y ont été détenus au cours des années et, pour certains d'entre eux, torturés à l'aide de soi-disant «techniques avancées» d'interrogations utilisées pour obtenir des informations auprès de la population carcérale, dont l'écrasant majorité n'est jamais passée devant un juge.

Parmi ces techniques figuraient la simulation de noyade, beaucoup de détenus ayant été soumis à des séances prolongées de cette torture potentiellement mortelle, ou le fait d'être déshabillés et confinés dans des cellules sombres pendant de longues périodes.

Un détenu somalien de Guantanamo, Guleed Hassan Dourad, a témoigné avoir subi une «torture mentale» : lors de l'année qui a précédé son audition, il a senti des vibrations provenant du sol de sa cellule, une odeur «puante» constante et entendu des bruits qui ressemblaient à ceux de «quelqu'un qui frappe avec un marteau... sur un toit».

Une étude effectuée par Afghan Analysts Network en novembre 2016 a révélé que les autorités américaines avaient commis de «grosses erreurs judiciaires» à l'égard des victimes, dont beaucoup ont été détenues avec peu de preuves. Elle a également indiqué que les militaires n'avaient pas réussi à «justifier les accusations» des huit personnes qui ont été détenues le plus longtemps à Guantanamo.

«Presque tout le monde pouvait être détenu», a déclaré l’auteur du rapport Kate Clark, ajoutant que «des schémas dénués de sens  – le détenu X qui connaissait le détenu Y qui connaissait le détenu Z qui connaissait Oussama ben Laden – [étaient] présentés comme des preuves de crimes».

Neuf prisonniers sont morts à Guantanamo, et sept d'entre eux se seraient suicidés. Neuf prisonniers seulement ont été reconnus coupables d’un crime. Aujourd'hui, il reste 55 prisonniers dans le camp, 19 ont été déclarés libérables et cinq l'ont été en 2009.

Pour ce quinzième anniversaire, RT revient sur certain détenus, connus pour avoir passé des années à l’intérieur du camp de Guantanamo.

Guantanamo abrite au sein de ses cellules au moins 15 enfants. Omar Khadr avait 15 ans, quand il a été envoyé à Guantanamo après être pris en Afghanistan en 2002.

Le Canadien a avoué avoir lancé une grenade à un soldat en Afghanistan – selon ses avocats, après 8 ans à Guantanamo,  il l'a avoué sous la torture. Omar Khadr est le seul enfant soldat poursuivi par une commission militaire pour des crimes de guerre.

Il a été transféré au Canada pour y purger le reste de sa peine. Il est depuis devenu fiancé avec une femme qui a fait campagne pour sa libération.

Mohammed el Gharani avait 14 ans, quand il est arrivé à Guantanamo – son plus jeune prisonnier. Accusé d'avoir combattu aux côtés des Taliban et d'appartenir à une cellule londonienne d’Al-Qaïda , Mohammed el Gharani n’est jamais allé en Afghanistan ou au Royaume-Uni.

Il a été libéré en 2009, après sept ans d'«abus» pour ne pas avoir été traité comme un enfant.

Mohamedou Ould Slahi, citoyen de Mauritanie, a écrit alors de son incarcération dans le camp de prisonniers un mémoire à succès intitulé Journal de Guantanamo.

Victime de torture et d'une détention sans inculpation de 14 ans, Mohamedou Ould Slahi a été libéré en octobre dernier. Il s'est rendu aux autorités locales pour interrogatoire après le 11 septembre et a été transferé aux Etats-Unis.

Sami al Hajj, un caméraman soudanais d’Al Jazeera, a été arrêté en 2001 pour ne sortir de Guantanamo qu'en 2008. Le seul journaliste à être passé par ce camp a participé à des grèves de la faim.

Shaker Aamer a été le dernier détenu britannique détenu sans procès. Depuis sa libération en octobre 2015, il a parlé ouvertement des conditions de sa détention.

«Guantanamo est géré par un seul concept : comment détruire un être humain», a-t-il confié à RT l'année dernière.

Mustafa al-Shamiri, un yéménite, a passé 14 ans à Guantanamo dans pour une affaire de fausse identité, les autorités américaines affirmant qu’il était entraîneur principal d'Al-Qaïda en Afghanistan. Même s'il est libérable depuis un an, il y est toujours détenu.

Abdallah al-Ajmi, citoyen du Koweït et ancien combattant des Taliban, a été envoyé de Guantanamo au Koweït en 2005, où il a été acquitté en 2006. Il est mort ensuite dans un attentat suicide, qu'il a effectué en 2008 à Mossoul.

Abedlaziz Kareem Salim al-Noofayee a été arrêté en mars 2002 pour avoir porté une montre Casio F91W que les services du renseignements ont identifié comme une montre de terroriste ou le «signe d’Al-Qaïda». Il est sorti en 2009.

Khalid Sheikh Mohammed est l'un des conspirateurs présumés de l'attentat du 11 septembre. Né au Pakistan, il a été surnommé «l'organisateur des attentats du 11 septembre». Il avait été capturé au Pakistan en 2003, avant d'être transféré à Guantanamo en 2006. Il a subi des simulations de noyade à au moins 183 reprises.

Il se trouve toujours à Guantanamo, avec d’autres conspirateurs comme  Ramzi bin al-Shibh, Abd al Aziz Ali, Walid Bin Attash ou Mustafa Ahmed al-Hawsawi.