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Bahreïn : la justice condamne un journaliste à trois mois de prison pour un tweet anti-wahhabite

Un tribunal pénal bahreïnien a condamné un journaliste à trois mois de prison pour un message posté sur Twitter jugé insultant envers la doctrine du wahhabisme, un des courants les plus rigoristes de l'islam, en vigueur notamment en Arabie saoudite.

Faisal Hayyat est un journaliste et un blogueur qui tient un canal satirique sur YouTube en langue arabe à propos de la politique menée à Bahreïn. Il a, à maintes reprises soulevé la question de la corruption sous la gouvernance du roi du Bahreïn Hamad ben Isa Al Khalifahet, appelé à mettre fin aux restrictions des libertés civiles et des opinions politiques. Depuis le 9 octobre, il a été placé en détention pour insulte envers un «symbole et un groupe religieux».

C'est l'association Reporters sans frontières (RSF), basée en France, qui a déclaré le 30 novembre que le journaliste avait été condamné le 29 novembre pour un post sur Twitter.

Sa mise en détention a été jugée comme une grave entrave à la liberté d'expression par Reporters sans frontières, ainsi que par l'Institut de Bahreïn pour les droits et la démocratie (Bird).

Sayed Ahmed Alwadaei, directeur du Bird, a déclaré que le régime bahreïnien menait une répression violente contre les personnes souhaitant s'exprimer librement.

«La nature répressive de Bahreïn a été pleinement démontrée dans le cas de Faisal Hayyat. Bahreïn ne respecte aucunement la liberté d'expression et considère les journalistes faisant un travail de critique comme des ennemis à éliminer». 

«Un père de cinq enfants purge injustement une peine de prison, tandis que les auteurs d'abus et les tortionnaires sont récompensés», a-t-il ajouté.

Le 28 novembre dernier, plus de 40 groupes de défense des droits de l'Homme et de la liberté d'expression ont exigé la libération de Faisal Hayyat dans une lettre adressée au roi du Bahreïn Hamad ben Isa Al Khalifah. La lettre décrit les poursuites intentées contre Hayyat comme s'inscrivant dans le cadre d'une «criminalisation continue de la liberté d'expression à Bahreïn».

Faisal Hayyat avait déjà été arrêté et placé en détention pendant 84 jours durant le soulèvement populaire de 2011 contre le gouvernement de Manama. Sur la page d'accueil de son compte Twitter, il affirme voir été torturé.

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